Jean Claude Bourret, facebook:

Je ne devrai pas...non, il ne faut pas...
Pourquoi ce soir ai-je une larme à l'œil alors que je sais que la mort n'est rien ,sinon un passage vers une autre dimension...
Certitude d'autant plus grande qu'elle est étayée par quatre phrases sublimes de Jean-Pierre Petit, dans notre prochain livre, mais qu'il conviendra de découvrir...
oui, ce soir, malgré cette certitude, un voile de tristesse si humaine, brouille mes yeux...l'habitude culturelle. On nous a toujours appris que la mort était triste, alors que nous devrions, comme certaines civilisations, danser autour d'un feu de joie, pour se réjouir de savoir que le disparu était né ailleurs...
Mais jacques Tiziou...mort...ça donne un choc. L'homme était si délicieux, si professionnel, si posé, si cultivé, si accueillant,si disponible...Toujours ce bon sourire du sage derrière sa barbe.Nous avons commenté ensemble plusieurs tirs Apollo à Houston...d'Apollo VIII à Apollo XVII...avec l'extraordinaire sauvetage d'Apollo XIII, qui fut mon premier scoop mondial.
So long Jacques...Physiquement, tu ne peux plus communiquer avec ce monde finissant...Mais spirituellement, ta lumière s'est intensifiée...

Bernard Chabert:

J’avais beaucoup travaillé avec Jacques à Houston lors des Apollo 14, 15, 16 et 17, puis par la suite. On avait écumé les bars et les joints à burger de Cocoa Beach, et on avait passé bien des nuits à regarder la Lune, Bud en main, depuis le seuil des rares troquets de Nassau Bay, en face de la NASA. On avait passé des journées et des journées à traîner autour et dans les simus du Manned Spacecraft Center, comme il s’appelait à l’époque, et à refaire l’avenir et les futures explorations…
C’est étrange, mais pratiquement tous les journalistes français qui étaient sur Apollo sont partis vers ailleurs, et la disparition de Jacques me fait un drôle d’effet. The times are a changin’, disait le Prix Nobel.
Mais au moins Jacques, moi et quelques autres auront eu ce privilège de vivre de l’intérieur, au plus près de la réalité et de l’Histoire en marche, ce qui fut peut être un des plus beaux moments de notre espèce, celui des premiers voyages hors du nid originel.
Bon vent, mon frère.
Bernard Chabbert