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2026
Janvier, selon l'ESA, le premier européen à
voler vers la Lune sera allemand (vols circumlunaire) et les 2
autres places seront octroyées à un italien et un français. Un
des 2 sera probablement le premier Européen a marcher sur le
lune.

8 janvier, MAF, intégration des
2 réservoirs du "core" d'Artemis 3.
Quatre de ses cinq principales composantes ont ainsi été
intégrées. L'installation de systèmes et de tests va maintenant
continuer avant de l'envoyer au Kennedy Space Center à la fin de
l'année.
10 janvier, le rollout d'Artemis
2 est imminent, le 17 janvier.
Après une revue d'aptitude, l'administrateur de la NASA
nouvellement nommé, Isaacman confirme la décision de son
prédécesseur Nelson d'autoriser le lancement d'Artemis II avec
le bouclier thermique en l'état. Fin janvier, la NASA procédera
à une répétition générale – un test préalable au lancement
visant à remplir le lanceur en carburant (vers le 2 février). Si
cette répétition générale est concluante, l'équipe de gestion de
la mission évaluera l'état de préparation de tous les systèmes
avant de confirmer une date de lancement.
Après le lancement
d'Artemis 1 en 2022, Boeing et la NASA ont évalué les
données post-vol et découvert que le SLS était confronté
à des vibrations plus élevées que prévu à proximité des
points de fixation des propulseurs à poudre.
La cause ? Le flux d'air instable dans l'espace entre
l'étage central et les deux propulseurs.
Après avoir peaufiné/ajusté des tests en soufflerie et
des simulations informatiques de dynamique des fluides,
l'équipe a rapidement (quelques semaines) identifié une
solution simple et efficace : 4 structures métalliques
minces en forme d'ailettes appelées "virures" ajoutées à
l'étage central pour apprivoiser l'écoulement instable
et réduire les vibrations pour Artemis 2 et les missions
futures.
Les virures sont courantes dans la conception des
avions, mais elles sont nouvelles pour l'étage central
du SLS.

Elles font, dans notre cas, environ
2,3 mètres. Des équipes se sont entraînées au forage de
trous à Huntsville, en Alabama, en vue de l'opération de
forage au Centre spatial Kennedy de la NASA. L'équipe et
les ailerons étaient prêts à être installés avant même
que l'étage principal ne soit entièrement empilé sur le
lanceur mobile, évitant ainsi les problèmes d'accès
causés par la proximité des propulseurs d'appoint. |
17 janvier, rollout, au petit matin du SLS
Artemis 2 vers le LC39B qu'il rejoint en 12 heures porté par le
Crawler CT 2.



24 janvier, test du système d'évacuation en urgence du pad
avec les paniers installés en haut du ML.

4 paniers sont installé sur le coté de la tour du
ML au même niveau que le bras d'accès de l'équipage au module
Orion. « L'intention est de fournir un autre moyen de sortir
pour l'équipage et l'équipe de fermeture en cas d'urgence.
Chacun de ces paniers glisse sur un câble métalliques qui se
connecte au terminus du pad, une zone proche du périmètre du
tampon où les paniers vont atterrir après avoir quitté la tour
de lanceur.
Lors du vol Artemis 2, Orion sera lancé pour des raisons de
sécurité et de vérifications techniques sur une orbite
intermédiaire à 70 000 km d'apogée puis après une journée, il
s'insérera sur une trajectoire translunaire. Pour Artemis 3,
Orion sera placé sur une orbite lunaire elliptique telle une
NRHO
(Near-rectilinear halo orbit), orbite de halo presque
rectiligne (une famille particulière d'orbites de
Lissajous, fermées autour d'un point de Lagrange ou suivant les
lignes d'équipotentiel gravitationnel aux abords de ceux-ci.
31 janvier, le test WDR est repoussé au 2
février, la température extérieure au KSC est inférieure au
moins 5° requis. Le 1er février, le test débute dans la nuit, à
L-48h et 40mn. Le 2 février, commence le remplissage des
réservoirs du lanceur au complet, mais le test est interrompu à
T-5mn15s, suite à des fuites d'hydrogène sur les mats ombilicaux
TSMU du ML. Durant le test, les techniciens ont du faire face à
quelques problèmes, dont la dépressurisation du système de
pressurisation de l'écoutille d'Orion, Le lancement est donc
reporté en mars.
|

Les deux mâts ombilicaux TSMU sont montés sur le ML et
supportent les ombilicaux qui fournissent du carburant
hydrogène liquide et de l'oxydant oxygène liquide à
l'étage central du SLS.
Les deux mâts TSMU protègent les ombilicaux des dégâts
des flammes des moteurs après leur détachement et leur
éloignement. Le bras ombilical pivote vers le haut pour
se mettre à l'abri.
La connexion proprement dite au véhicule implique une
connexion entre une face ombilicale côté sol et une face
ombilicale côté véhicule.

(Figure 1, section du moteur Artemis II montrée avant
l'assemblage final, image côté sol avec une face
manquante). Le câble ombilical doit se libérer
rapidement et sans fuite. La face de masse est plaquée
contre la face véhicule par des actionneurs (Figure 2).
Un joint autour des connexions forme une cavité pour
piéger et évacuer les fuites. Ces fuites peuvent être
mesurées. Sur la Figure 1, côté masse, la zone
triangulaire délimitée par un joint noir correspond à la
cavité de fuite où les fuites sont mesurées et évacuées.
Le système d'accouplement est en réalité assez complexe.
C'est l'accouplement lui-même qui fuit. La figure 3
illustre une version 2018 de l'accouplement, enclenché
et désenclenché.

Vue
des plaques de vol et de sol du câble ombilical de
service du mât de queue à hydrogène liquide de
l'étage central |
La WDR 2 devrait débuter le 12
février. Depuis la WDR du 3 février, les techniciens ont
remplacé deux joints dans une zone où les opérateurs ont
constaté des concentrations d'hydrogène gazeux
supérieures à celles autorisées pendant le test. Une
fois les réservoirs vidés, les techniciens ont
immédiatement commencé à travailler sur l'ombilical du
mât de service et détaché les plaques d'interface
fusée/sol pour inspecter la zone des niveaux de gaz
élevés et remplacé les joints autour de deux conduites
de carburant. Alors que les équipes continuent d'évaluer
la cause de la fuite, la reconnexion des interfaces
devrait être terminée ce lundi 9 février. En simultané,
des tests sont prévus au centre spatial Stennis, pour
évaluer la dynamique supplémentaire des plaques.
12 février, la NASA annonce la seconde WDR
pour le 17 février et un lancement pour le 6 mars. En attendant,
les équipes sol chargent de l'hydrogène liquide à bord du SLS
pour tester les réparations effectuées sur l'ombilical fuyant.
Au cours du test, les équipes ont rencontré un problème avec un
équipement qui réduisait le flux d’hydrogène liquide dans le
lanceur. Les ingénieurs purgeront la ligne au cours du week-end
pour garantir des conditions environnementales appropriées avant
de remplacer un filtre soupçonné d'être à l'origine de la
réduction du débit.
17 février, la seconde WDR commence avec le
traditionnel "call to Station", à à 23h40 UTC pour un début de
WDR le 20 à 01h30 UTC. Le chargement en LH2 débutera le 20 avec
un premier remplissage lent durant 20 mn et un rapide durant 90
mn environ.
20 février, WDR 2 terminée à 03h16 UTC, à
T-29 secondes comme prévu. A part un petit soucis de perte
de communication au début des opérations, les concentrations
d'hydrogène gazeux sont restées inférieures aux limites
autorisées ce qui donne confiance dans les nouveaux joints
installés. Prochaine étape, l'analyse d'un grand nombre de
données en vue de l'examen de préparation au vol. Aucune date de
lancement ne sera fixée avant cette étape.

21 février, après que les données de la
nuit aient révélé une interruption du flux d'hélium dans
l'étage de propulsion cryogénique intérimaire du SLS, les
équipes procèdent au dépannage et se préparent à un probable
retour d'Artemis II au VAB. Cela aura très probablement un
impact sur la fenêtre de lancement de mars. selon
l'admistrateur de la NASA, le système d'hélium de l'ICPS a
fonctionné comme prévu lors des deux WDR. Cet incident est
survenu de manière inattendue hier soir lors des opérations
de routine de gestion du flux d'hélium. Les équipes ont
travaillé toute la nuit pour évaluer la situation.
23 février, la NASA annonce un
rollback vers le VAB pour le 24.

Le système de
circulation d'helium défectueux est sensé éviter la
dépression et l'écrasement des réservoirs au fur et à mesure
que ces derniers se vident pendant la combustion

Les équipes "Crew Evacuation Pods"
descendent le câble de guidage qui relie la tour du ML au sol
avant le rollback du SLS. Ils ont préalablement descendu les
paniers pour l'évacuation des astronautes et de l'équipage
26 février, Artemis 2 est ramené dans le VAB




Au LETF du centre Kennedy, des équipes ont testé
des plateformes d'accès temporaires sur le simulateur du ML. Ces
plateformes permettront aux ingénieurs d'accéder au système
d'arrêt de vol de la fusée sans avoir à effectuer de nouveaux
tests dans le bâtiment d'assemblage des véhicules,
Dans le VAB, les techniciens
s'emploie à identifier la raison de l'arrêt du flux d'hélium sur
l'étage ICPS lors de la seconde répétition WDR. Des plateformes
sont installées à l'intérieur du cone adaptateur reliant le "core"
à l'étage et la protection thermique enlevée dans la zone des
ombilicaux. Les ingénieurs ont réduit le problème empêchant le
flux d'hélium à deux composants potentiels, un joint sur le
raccord rapide du tube et un clapet anti-retour à l'autre
extrémité de ce tube. Pendant que Artemis se trouvent dans le
VAB, les équipes installeront également de nouvelles batteries
pour l'étage supérieur, l'étage central et les propulseurs
d'appoint à propergol solide du SLS, ainsi que testeront à
nouveau son système d'arrêt de vol FTS et ses systèmes
avioniques et de contrôle. Les batteries du système
d'interruption de lancement du vaisseau spatial Orion seront
rechargées, et les ingénieurs pourront remettre en état certains
éléments rangés à l'intérieur du module d'équipage.

L'étage de propulsion cryogénique
intermédiaire comporte deux ombilicaux. La plaque avant, plus
haute et plus petite, comprend un évent d'hydrogène liquide et
une conduite d'air pour le système de contrôle environnemental.
La plaque arrière, plus basse et plus grande, fournit
l'hydrogène et l'oxygène liquides et comprend un raccord rapide
pour l'hélium et un système de détection des gaz dangereux.
27 février, changement dans la stratégie du
retour sur la lune pour la NASA. L'administrateur de la NASA,
Jared Isaccman une refonte majeure du programme
lunaire Artemis de l'agence, reconnaissant que le plan visant à
faire atterrir des astronautes sur la Lune en 2028 n'était pas
réaliste sans une autre mission préparatoire pour jeter les
bases. La cadence des vols Artemis va
augmenter, passant de un tous les 3 ans à un tous les 10 mois.
Artemis 2 est prévu pour avril, après réparation de la fuite
d'hélium dans le second étage, "il serait dommage de perdre des
personnes talentueuses qui ont travaillé sur ce vol et attendre
3 ans pour le prochain vol" expliquait l'administrateur. Et de
rajouter "lorsqu’on rencontre les mêmes problèmes entre deux
lancements, il est probablement nécessaire d’examiner
attentivement le processus de correction ».
Désormais, la NASA cherche à consolider le développement du Space
Launch System et à standardiser les futures versions selon sa
configuration actuelle, dite Block 1. Le programme intégrera
également une nouvelle mission visant à perfectionner les
compétences nécessaires à un alunissage avant de s'attaquer au
pôle Sud lunaire. "Nous devons comme Mercury, Gemini et Apollo
passer par des étapes successives avant de retourner sur la
lune. Nous ne sommes pas passer directement à Apollo 11. Artemis
2 sera notre Apollo 8 et Artemis 3 notre Apollo 9". Artemis 3
sera lancé en 2017 et testera l'amarrage avec le système
d'alunissage humain (HLS) sous contrat avec la NASA, le vaisseau
Starship de SpaceX ou le Blue Moon de Blue Origin , selon leur
disponibilité, lors d'un vol en orbite terrestre. Artemis 3
pourrait également tester des composants des combinaisons
spatiales lunaires d'Axiom , si celles-ci sont prêtes à temps.
Les vols Artemis 4 et 5 en 2028 utiliseront un ou 2 HLS, selon
leur disponibilité avant les missions lunaires une fois par an.
Conséquences, la NASA arrête le développement du lanceur SLS
Block 1B et 2 et de l'étage EUS suite aux importants retards et
dépassements de coûts, le rendant incompatible avec la volonté
d'établir des vols standardisés et rapides. Ce qui implique
aussi l'arrêt des travaux de construction du ML 2. La NASA devrait recruter de nouveaux
techniciens pour les prochaines missions. Aucune communication
concernant le sort du "Gateway" (module d'alimentation et de
propulsion de Maxar, avant-poste d'habitation et de logistique
de Northrop Grumman), en orbite autour de la lune... Pour ce qui
est du programme de booster BOLE (Booster Obsolescence and Life
Extension) avec 5 segments, il a été retiré du programme avec
l'annulation des variantes du lanceur SLS.

| Construit par
Boeing au MAF de Michoud à La Nouvelle-Orléans, l'étage
EUS remplace l'étage de propulsion cryogénique
intérimaire (ICPS) monomoteur qui constitue l'étage
spatial de la configuration initiale Block 1 du lanceur
SLS pour envoyer la cabine Orion et de la cargaison vers
la lune. Grâce à ses réservoirs d'hydrogène et d'oxygène
liquides de plus grande capacité alimentant quatre
moteurs Aerojet Rocketdyne RL10 C-3, l'EUS génère une
poussée près de quatre fois supérieure à celle de l'ICPS,
offrant ainsi une capacité de lancement inégalée aux
lanceurs SLS Block 1B et Block 2 et ouvrant la voie à
une nouvelle génération de missions lunaires habitées.


Le lanceur SLS Block 1B augmentera la
charge utile lunaire de 40 %, passant de 27 tonnes avec
le Block 1 à 38 tonnes en configuration habitée et à 42
tonnes en configuration cargo. De plus, les lanceurs
Block 1B et Block 2, en configuration habitée, pourront
transporter une charge utile volumineuse de 10 tonnes
vers la Lune, en plus du vaisseau Orion et de son
équipage. Le lancement de missions habitées, associé à
d'autres charges utiles importantes, permet d'atteindre
plusieurs objectifs d'envergure au cours d'une même
mission.
L'étage EUS s'allumera lors de
l'ascension afin de placer Orion sur une orbite
circulaire de 180 x 180 km pour éviter le champ dense de
micrométéorites et de débris orbitaux des orbites
basses. Ceci permettra aux astronautes de séjourner plus
longtemps en toute sécurité en orbite terrestre et de
vérifier les systèmes critiques avant de se diriger vers
la Lune. L'EUS offre également aux opérations de mission
la flexibilité de fenêtres de lancement quotidiennes ou
quasi quotidiennes vers la Lune, selon l'orbite
souhaitée. Grâce à l'énergie supplémentaire fournie par
l'EUS, Orion, placé sur une orbite de parking plus
élevée, pourra effectuer une ou plusieurs manœuvres par
jour pour le placer sur une trajectoire lunaire.

L'étage supérieur EUS Exploration
Upper Stage est composé de huit éléments principaux : un
adaptateur avant, un réservoir d'hydrogène liquide, un
adaptateur arrière, un corps central, un réservoir
d'oxygène liquide, une plateforme d'équipement, une
structure de poussée et quatre moteurs RL10 C-3. Ces
moteurs RL10 C-3 assurent une redondance permettant à
l'étage de placer Orion sur sa trajectoire avec
seulement trois moteurs en cas de problème avec l'un
d'eux. Les parties exposées de l'EUS sont protégées par
une structure inter-étages pendant le lancement.

Contrairement au SLS Block 1, les
calculateurs de vol des fusées Block 1B et Block 2 sont
situés dans la plateforme d'équipement EUS et non dans
la jupe avant de l'étage principal. Ces trois
calculateurs assurent une redondance pour la sécurité
des opérations : le lanceur peut continuer à fonctionner
normalement même avec un calculateur défaillant. De
plus, leur emplacement dans l'EUS leur permet de
contrôler l'intégralité du vol, du décollage à la
séparation d'Orion, optimisant ainsi les opérations et
réduisant les risques de panne. L'étage assure également
une double communication en bande S avec Orion et les
opérations au sol, offrant aux astronautes un meilleur
contrôle de l'étage lors des rendez-vous et des
manœuvres d'amarrage/de proximité avec les charges
utiles embarquées.

Autres caractéristiques clés fournies
par l'EUS aux SLS Block 1B et Block 2 :
- tuyères de moteur fixes
- Des structures plus épaisses,
comme les réservoirs de propergol, sont conçues avec
un facteur de sécurité supérieur à celui des
réservoirs du système ICPS pour la protection contre
les micrométéorites et les débris orbitaux.
- Systèmes redondants de guidage,
de navigation et de contrôle
- Des batteries redondantes
permettent à l'EUS de mener à bien ses missions en
toute sécurité même en cas de perte d'une batterie.
- Un système de sécurité aérienne
automatisé et avancé qui élimine la nécessité d'une
intervention humaine pour prendre une décision
d'arrêt de vol.
|
5 mars, le Sénat américain présente une
nouvelle loi, la NASA Authorization Act of 2026, visant à
orienter et financer les activités de la NASA, notamment le
programme Artemis, destiné à ramener des astronautes sur la
Lune. Lors d’une brève audition, le président de la commission
du commerce du Sénat, Ted Cruz, a expliqué que ce texte fournit
des ressources essentielles et une direction stratégique à
l’agence, en accord avec les priorités de l’administrateur de la
NASA Jared Isaacman et de l’administration Trump.
Le projet de loi a été largement révisé après l’annonce d’Isaacman
de modifier le programme Artemis afin que les États-Unis
puissent devancer la Chine dans la course au retour sur la Lune
et établir une présence durable au pôle sud lunaire. Le texte
soutient en grande partie cette nouvelle stratégie.
Parmi les changements majeurs : le Sénat reconnaît les retards
et dépassements de coûts de la fusée Space Launch System (SLS)
et autorise Isaacman à chercher des alternatives et à simplifier
la fusée pour augmenter la cadence des lancements. Le projet de
station lunaire Gateway n’est plus mentionné et pourrait être
remplacé par un avant-poste sur la Lune.
La loi prolonge aussi la durée de vie de la Station spatiale
internationale jusqu’en 2032 pour laisser le temps aux stations
commerciales privées d’émerger.
Globalement, le Sénat donne à Isaacman davantage de liberté et
de ressources pour accélérer Artemis et privilégier la
construction d’une base lunaire afin de rivaliser avec la Chine.
6 mars, les réparations du lanceur Artemis 2
dans le VAB vont bon train, la NASA cible le 1er avril pour
lancer la mission lunaire.
| Les dernières
photos du ML 2 prises au KSC montrent sa construction en
grande partie achevée début février. La phase de test et
de qualification devait commencer pour durer 2 ans. Les
opérations de vérification et de validation (V&V) ne
débuteront qu'après la remise du ML2 à la NASA par
Bechtel. Bechtel doit encore finaliser l'équipement, les
essais, les étalonnages et les vérifications des
boucles, autant d'étapes de la mise en service. Bechtel
« vendra » ensuite chaque sous-système individuellement
à la NASA, une fois celui-ci considéré comme complet et
pleinement fonctionnel. Après la réception de tous les
sous-systèmes par la NASA, celle-ci lui transférera la
propriété du ML, probablement pas avant 2027. Les
opérations de V&V pourront alors commencer. Elles seront
réalisées par la NASA et l'équipe COMET.

Le ML 2, 119 m de hauteur et un cout de
2,7 milliards $

Un ordre d'arrêt des travaux ait été
émis pour ML2, le temps d'élaborer un plan pour la suite
avec peut être l'espoir d'une poursuite du projet avec
des modifications apportées aux aménagements de l'étage
supérieur. Cela nécessitera un démontage.
Concernant l'ombilical EUSU,
Exploration Upper Stage
Umbilical, pour l'étage EUS, il faut attendre le
développement et la publication des nouvelles exigences
relatives à l'étage supérieur.
La NASA s'en tient à la version
officielle: "ne sera pas utilisé"...

La manière dont le ML-2 sera
démantelé aura des répercussions importantes sur la
population locale. On estime à 300 le nombre d'ouvriers
spécialisés, notamment des soudeurs, des métallurgistes,
des charpentiers et des électriciens, travaillant sur le
site du Centre spatial Kennedy pour la construction de
ML-2. Par ailleurs,
307 selon Bechtel fournisseurs ont été engagés pour
soutenir le projet, dont 214 petits travailleurs.
L'annulation du lanceur ML-2 marque un tournant majeur
pour l'infrastructure du Centre spatial Kennedy. Le
programme disposera désormais d'une seule plateforme de
lancement, ML-1, pour les missions SLS.
« ML2 est achevé à 90 %. Il peut être configuré selon
nos besoins », a déclaré Amit Kshatriya, administrateur associé de la
NASA, lors d'une conférence de presse vendredi concernant les
modifications apportées au programme Artemis.
Le projet ML2 , initialement doté
d'un contrat de 383 millions de dollars attribué en
2019, devait initialement être livré en 2023. Un audit
du Bureau de l'inspecteur général de la NASA, publié en
août 2024, a révélé que les coûts avaient déjà presque
triplé pour atteindre plus d'un milliard de dollars, et
que la date de livraison avait été repoussée à fin 2026.
Ce projet s'inscrit dans le cadre
de l'augmentation des coûts et des retards liés à tous
les aspects du programme Artemis. En 2023, l' OIG Office
of the Inspector General a indiqué que, d'ici le premier
vol d'Artemis III, le programme aurait coûté plus de 93
milliards de dollars depuis son annonce initiale en
2012. Ce coût a désormais dépassé les 100 milliards de
dollars.
|
7 mars, selon des sources de la NASA,
c'est l'étage Centaur 5
qui devrait remplacer l'EUS. L'agence a prévu de conclure un
contrat avec ULA pour l'acquisition d'étages supérieurs de
nouvelles génération destinés à Artemis 4 et 5. L'adaptation de
l'étage avec le SLS pourra se faire avec relativement "peu" de modifications.
L'agence a récemment placé une commande en octobre dernier pour 3
unités dont un de rechange. L'étage permettra d'être produit dans la chaine
des étages Centaur de base. Il a un diamètre similaire à l'ICPS,
(5,4 m) mais plus court, 10 à 12 m contre 13,5. Le Centaur V,
l'étage supérieur moderne à double moteurs RL10 LH2/LOX d'ULA
pour les Atlas 5 et le Vulcan Centaur, offre une fiabilité
éprouvée, une production continue, un héritage de capacité
humaine et une compatibilité de propergol. Pour les vols Artemis
2 et 3, la NASA utilisera l'étage ICPS d'ULA et Boeing, dérivé
du DCSS (Delta Cryogenic Second Stage) du Delta 4. Le second
exemplaire a été livré au KSC le 18 aout 2021 et assemblé au
lanceur Artemis 2 en mars 2023 et le 3e et dernier exemplaire,
le 11 aout 2023. L'ICPS a volé 24 fois sur les Delta 4 entre
2004 et 2024. C'est un étage avec un réservoir LH2 légèrement
plus grand que dans la version DCSS et des interfaces
électriques et mécaniques spécifiques à la fixation et au
support d'Orion et d'une seconde bouteille d'hydrazine pour le
contrôle d'attitude. L'étage est propulsé par un moteur Aerojet
Rocketdyne RL 10 délivrant 110 tonnes de poussée.


La production des étages Centaur 5
chez ULA
Coté production au MAF, dans
le cadre du modèle de production optimisé qui a débuté avec
Artemis 3, les structures principales de l'étage "core" (jupe
avant, réservoir LOX, réservoir intermédiaire et réservoir LH2)
sont soudées et équipées, tandis que la section moteur subit
l'aménagement intérieur final et l'assemblage dans le VAB du KSC
pour permettre un travail parallèle sur plusieurs étages. La
jonction principale avant/arrière a été achevée le 8 janvier
fixant quatre des cinq composants ; les équipes intègrent
actuellement les systèmes et effectuent des vérifications avant
l'expédition au KSC plus tard en 2026 pour soutenir le vol
Artemis 3 reconfiguré (vol d'essai LEO vers mi-2027).
La production des futurs vols est en cours, les équipes de
Michoud fabriquant simultanément les étages principaux d'Artemis
4 (premier atterrissage habité prévu début 2028) et des missions
suivantes. Les principales structures d'Artemis sont en cours de
fabrication, notamment les opérations de soudage, d'aménagement
et l'éventuelle application du système de protection thermique.

Le vaisseau Starship de Space X aura 135
fois le volume habitable du LM Apollo
10 mars, la NASA prévoir de ramener Artemis 2 sur le
LC39B le 19 mars et un lancement à partir du 1er avril.
20 mars, le rollout d'Artemis 2 est
retardé de 4 heures à cause du vent. Il débute en pleine nuit à minuit
et se termine vers 11h le matin. Le séjour dans le VAB a permit de
solutionner le problème d'hélium et de
réaliser d'autres travaux préalables au lancement, notamment le
remplacement des batteries connectées au système d'arrêt de vol des
propulseurs d'appoint à propergol solide, de l'étage central et de
l'étage supérieur.

27 mars, l'équipage d'Artemis 2
arrive au KSC.
À leur arrivée, les astronautes seront accueillis par les dirigeants de
l'agence, dont l'administrateur de la NASA Jared Isaacman et la
présidente de l'ASC Lisa Campbell, avant de poursuivre leur quarantaine
dans les quartiers de l'équipage des astronautes alors que les derniers
préparatifs avancent pour le lancement prévu de la mission début avril.
|
Le lanceur Artemis 2 comporte des
éléments de 86 missions STS. Ce lancement marquera
la dernière utilisation de ce
matériel historique, chaque engin étant soit largué dans l'océan
pour couler, soit détruit ultérieurement lors de sa rentrée dans
l'atmosphère terrestre.

- 3 des 4 moteurs RS 25 ont déja volé dans
l'espace, les 2047 (15 vols), 2059 5 vols) et 2061 (2 vols). Le 4e
moteur volant sur Artemis II, le 2062, a été assemblé à partir de pièces
de rechange restantes du programme de la navette. Le moteur 2061 a
d'abord été affecté au lancement sur Artemis III, mais a été avancé
lorsque des fuites hydrauliques ont été trouvées sur le moteur qu'il
remplaçait (2063).
- Les 2 SRB ont 99, 9% des pièces qui ont
déjà volé, seul le second raidisseur a été identifié comme neuf par
Northrop Grumman. Les éléments du propulseur gauche ont été utilisés
lors de 47 missions et de neuf essais. Les éléments du propulseur droit
ont été utilisés lors de 64 missions et de neuf essais au sol. Les jupes
avant gauche et droite sont celles qui ont le plus d'historique de vol,
chacune ayant été utilisée lors de 14 lancements, dont STS-61B, le 23e
vol du programme de la navette spatiale, en 1985 (sur la jupe gauche) et
STS-49, le premier vol d'Endeavour, en 1992. La jupe droite a également
contribué au lancement de Columbia lors de son vol final malheureux,
STS-107, en 2003. Le tronc de fusée situé à droite a également décollé
avec Columbia pour son dernier vol tragique. Le composant ayant le plus
ancien historique de vol parmi toutes les pièces du lanceur Artemis II
SLS est le cylindre situé en haut du propulseur droit, qui a été utilisé
pour la première fois lors de la mission STS-5 en 1982. Ce même cylindre
a également volé lors de la mission STS-51I en 1985. Les composants de
propulseur à propergol solide les plus récemment utilisés sont les
premiers raidisseurs de chaque côté. Ils ont tous deux été utilisés lors
de la mission STS-134 (avec les moteurs RS-25 2059 et 2061) lors du
dernier lancement d'Endeavour.
- Un moteur OMS E équipe le module de
propulsion Orion dérivé des moteurs OMS du Shuttle.
Pour la mission Artemis II, le moteur choisi
provient de la navette spatiale Atlantis », a indiqué l'ESA sur son site
web . « Ce moteur a été stocké pendant 20 ans avant d'être transféré à
Brême, en Allemagne, où il a été installé sur le deuxième module de
service européen et testé avec succès. Il a ensuite traversé l'océan
Atlantique pour retourner au Centre spatial Kennedy, d'où il a été lancé
à six reprises. »
Le moteur Artemis II OMS a été utilisé pour le programme de la navette
spatiale entre 2000 et 2002. Ses six missions (STS-101, 106, 98, 104,
110 et 112) ont toutes eu lieu à destination de la Station spatiale
internationale. Le moteur a passé plus de 69 jours dans l'espace avant
son lancement vers la Lune.
L3 Harris, ex Rocketdyne, dispose de suffisamment de moteurs RS-25 ayant servi sur
les navettes spatiales pour deux lancements supplémentaires du SLS,
dont, comme prévu , la mission lunaire Artemis IV programmée pour 2028.
Northrop Grumman possède des segments de propulseurs à propergol solide,
hérités des navettes spatiales, pour les six prochains lancements du
SLS. L'ESA utilisera des moteurs OMS-E ayant volé sur les navettes
spatiales pour son module de service Orion lors de quatre missions
supplémentaires.
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30 mars, début du compte à rebours d'Artemis
2 avec l'appel aux stations à 20h TU, à L-49h50mn. A L-49h40mn,
préparation au chargement en LOX et LH2. L-49h30mn et 49H20mn, mise en
route de la cabine Orion et du "core" SLS, suivit à L-49h10mn de l'étage ICPS.
L-39h45mn, préparation finale des 4 moteurs RS 25. Le remplissage
des propergols commencera à L-9h55mn (LH2) et 9h40mn (LOX). L'étage ICPS
commencera à être rempli à T-8h30mn. Les compléments de plein seront
réalisés jusqu'à T-5h09mn. L'équipage sera à bord d'Orion à T-3h40mn. L
correspond au temps restant avant le lancement et T aux pauses du
décompte, les arrêts, "Hold" qui permettent de corriger les problèmes et
garantir le bon déroulement des opérations.
Le temps « L- » s'écoule en continu jusqu'au lancement,
sans interruption, tandis que le temps « T- » s'arrête régulièrement à
intervalles prédéfinis.

Le lancement est prévu le 1er mars à
22h24 TU. Une fois sur orbite
terrestre, la cabine et l'équipage peut revenir sur Terre avant de
partir vers la Lune. Durant 24 heures, l'équipage simulera un RV avec
l'étage IPCS. Une fois en route vers la Lune, il faut 36h pour avoir une
trajectoire de retour plus rapide. Au-delà, c'est plus rapide de
continuer.
La distance maximale à la Terre si Artemis II
décolle le 1er avril sera très légèrement supérieure à celle de
la plus distante des missions d'Apollo (Apollo 13 en
l'occurrence) avec 40 187 km. La lune sera survoler à 7400 km de
distance, l'équipage pourra ainsi réaliser des photographies de
larges portions de la face cachée de la lune. Le retour est
prévu le 10 avril vers 17h00 (heure du Pacifique), après une
traversée de l'atmosphère à plus de 39 500 km/h. Ils se poseront
en soirée.


1er avril, après un compte à rebours
exemplaire, Artemis 2 décolle à 23h35 TU du KSC emportant 4 astronautes
vers la lune. La fenêtre originelle a été légèrement dépassée après un
arrêt à H-10 mn, le temps des derniers contrôle en salle de tir. Le
remplissage de tous les réservoirs du lanceur s'est déroulé sans
problème, aucune fuite n'a été décelé. Le Eastern Range a détecté un
problème de communication avec le système de destruction en vol, FTS. La
récupération d'une pièce issue du programme STS dans le VAB permet de le
résoudre. Les techniciens relèvent une température anormale sur une des
deux batteries du systèmes d'abandon d'Orion juste avant le décompté
final, un problème de capteur.


L'équipage d'Artemis 2 lors du Walkout au KSC: à gauche,
le pilote Victor Glover (astronaute du groupe 21, a volé sur Crew 1), le
SM Jeremy Hansen, de l'ASC (astronaute Canadien sélectionné en 2009,
premier vol), le Cdr Reid Wiseman (astronaute du groupe 20, a volé sur
exp 40-41 Soyouz TMA 13M) et la SM Christina Koch (astronaute du groupe
21, a volé sur Soyouz MS 12). Glover deviendra la première personne de
couleur, Koch la première femme et Hansen le premier non-Américain à
voyager au-delà de l'orbite terrestre basse. L'équipage a été nommé le 3
avril 2023 par Bill Nelson, alors administrateur de la NASA. Les
doublures sont André Douglas pour la NASA et Jenni Gibbons pour l'ASC.

Walkout de l'équipage vers le LC39B: Avant leur départ, l'équipage a réglé
une dernière formalité : une partie de cartes. Selon une tradition bien
ancrée, les équipages de la NASA jouent aux cartes avec l'astronaute en
chef (ici, Scott Tingle) avant de quitter leurs quartiers de lancement,
et ce jusqu'à ce que le commandant perde. On espère ainsi que cette
défaite le libérera de toute malchance et assurera le bon déroulement de
la mission.




Au décollage du SLS, les images ont
montré ce qui pourrait ressembler à des débris s'éloignant de la
tour alors que que le lanceur s'élève dans le ciel. Ces débris sont
en fait les paniers du système d'évacuation du pad en urgence qui
ont été libéré afin qu'ils ne soient pas abimer par les flammes des
boosters. Une nouvelle procédure assurant leur inégrité.

Orion est placé sur orbite haute par
l'étage ICPS. Peu après, à T+49 mn, le périgée est rehaussé ainsi que
l'apogée à 70 000 km (T+ 1h47mn57s) en vue des manoeuvres de simulation de
rendez-vous. L'équipage pilote Orion durant 70 minutes effectuant une
série de manoeuvres avec l'étage ICPS comme cible.
Le système de simulation de vol rapproché (ICPS) comprend une cible
d'environ 60 cm qui permettra d'évaluer le comportement d'Orion en vol
avec des astronautes aux commandes. Comme pour les missions Apollo, à T+
3h24mn15s, Orion s'éloigne de l'étage de 90 mètres puis se retourne pour
y faire face. Clover au commande teste alors la manoeuvrabilité du
vaisseau jusqu'à une distance de 9 mètres de l'étage. Après une
manoeuvre de départ automatique pour s'éloigner, l'étage ICPS allumera
son moteur pour une rentrée dans l'atmosphère. L'équipage lance depuis leur orbite
4 CubeSats accroché dans l'adaptateur de l'étage supérieur.



Au second jour de vol, le 3 avril, la manoeuvre d'injection trans-lunaire (TLI), à
J+1,1h27mn, soit 23h43mn TU place Orion sur une trajectoire de retour libre de 10 jours
autour de la Lune, le rapprochant à 6 513 km de la face cachée lunaire
lors de son passage au plus près à J+5, 01h23mn. Contrairement aux
missions Apollo de la NASA des années 1960 et 1970, Artemis II n'entrera
pas en orbite lunaire ; elle effectuera un survol qui la mènera au-delà
de l'orbite lunaire. À son point le plus éloigné de la Terre, ou apogée,
à J+5, 1h26mn, l'équipage d'Integrity établira le record de la
plus grande distance jamais parcourue par des êtres humains depuis notre
planète. Durant le vol vers la lune, l'équipage teste les communications
avec le réseau DSN, Deep Space Network, le 4 avril, vers 4h TU. 2
corrections de trajectoire sont aussi réalisé, le 3e et 4e jour. Le 5e
jour, le5 avril, Orion rentrera dans l'influence de la lune, vers 4h43
TU. Le 6 avril, l'équipage commencera ses observations de la lune et
s'en approchera au plus près tout en étant au plus loin de la terre pour
cette mission. En effet, le 16 décembre 1972 à 23h35 UTC, le module
de commande d'Apollo 17, America , achevait avec succès sa
manœuvre d'injection trans-terrestre, propulsant ainsi son équipage,
composé des astronautes Gene Cernan, Harrison Schmitt et Ronald Evans,
sur une trajectoire de retour vers la Terre. Ce fut la dernière fois
qu'un vaisseau spatial Apollo habité se trouvait en orbite autour de la
Lune, et depuis lors, aucun engin spatial habité ne s'est aventuré à
proximité de celle-ci. Aujourd'hui, 52 ans, trois mois et 16 jours après
cet événement, l'humanité est sur le point de retourner sur la Lune.
La vie à bord d'Orion s'organise, "il fait froid dans
la cabine explique Christina. Serait-il possible de faire
monter un peu la température ou de réduire un peu plus la vitesse du
ventilateur de l'habitacle pour que le courant d'air ne soit pas aussi
fort ?" Du sport dans la cabine avec le rameur Orion Flywheel qui fonctionne
comme un yo-yo ou un système à câbles avec inertie : plus tu tires fort
ou vite, plus la résistance augmente. Il ne pèse que 14 kg et est rangé
sous la trappe latérale du vaisseau, où il sert même de marchepied pour
entrer/sortir pendant la préparation au sol. Les astronautes
l'utiliseront pendant environ 30 mn quasiment tous les jours. Ils se
sont aussi servi du rameur pour tester le système de contrôle d'attitude
(les mouvants intérieurs se répercutent sur l'ensemble de la structure)
et aussi le système de contrôle vie (plus de chaleur et plus de C02
produit)!

Jour de vol 3, 4 avril, 2 des 3 manœuvres de correction et d'ajustement
de trajectoire n'ont pas été nécessaire car la manoeuvre de TLI était
suffisamment précis. Le module de service, ESM fait du bon boulot.
Orion a juste été orienté
pour diriger
un évent vers le Soleil afin de faciliter le nettoyage d'une conduite
d'eaux usées. Durant la nuit, les opérateurs au sol ont évacué les eaux
usées par-dessus bord afin de libérer de l'espace dans le réservoir du
système de gestion des déchets d'Orion, mais l'opération s'est terminée
plus tôt que prévu. Les ingénieurs ont utilisé les réchauffeurs de
ventilation pour faire fondre la glace qui pourrait obstruer la conduite
et ont orienté l'évent vers le soleil afin d'atténuer le problème. Les
équipes examinent également d'autres causes potentielles. La cuve à eaux
usées n'est pas pleine et les toilettes fonctionnent ; toutefois,
l'équipe a reçu pour instruction d'utiliser des dispositifs de collecte
de secours pendant la nuit si nécessaire.
A 22h40, Orion est à 287 000 km de la terre presque à l'apogée de leur
orbite. La lune arrive sur le coté droit à 165 000 km de distance.

Jour de vol 4, 5 avril, l'équipage effectue un essai en vol de
manœuvrabilité avec Orion. Ils comparent le mode à 6 degrés de liberté,
plus précis, au mode à 3 degrés de liberté, plus économe en carburant,
en utilisant les moteurs de notre module de service européen afin de
recueillir des données pour les futurs vols d'Artemis. C'est Koch et
Hansen qui pilote le vaisseau à tour de rôle durant 41 minutes. Au 8e
jour de vol, le 9 avril, ce sera Wiseman et Glover qui piloteront Orion.
18h10,
l'équipage s'apprête à sa journée la plus chargée depuis la manoeuvre
TLI, où ils vont devoir passer 5h dans leur combinaison orange OCSS pour
simuler une dépressurisation accidentelle. Ils vont donc enfiler le plus
vite possible leur combinaison, puis prendre leur petit déjeuner à
l'intérieur (via des tuyaux dédiés) et faire toutes leurs opérations
quotidiennes habillés. Ils vont même ensuite réellement dépressuriser
Orion pour que leur combinaison soit gonflée et rigide comme lors d'une
situation réelle.
Au moment
de la rentrée dans la sphère d'influence de la Lune, une correction de
trajectoire sera réalisée et l'équipage se prépare à leur session de
prise d'image de la Lune avant la grande journée de demain qu'ils vont
passer collés au hublot lors de leur survol.
A cet instant, ils sont à 345.200 km de la Terre (soit plus d'une
seconde-lumière !) et à 104.100km de la Lune qui leur apparait donc
environ 4x plus grosse que depuis la Terre.

Jour de
vol 5, 6 avril, Orion passe dans la sphère d'influence gravitationnelle
de la lune à 4h38 TU. Wiseman, Glover, Koch et Hansen sont
désormais les 25 à 28eme humains à avoir quitté l'espace terrestre. Ils
seront en observation de la lune durant près de 7 heures (à partir de
23h). Le plan de ciblage comprend la
documentation des caractéristiques qui peuvent aider les scientifiques à
comprendre comment la Lune et le système solaire se sont formés, telles
que les cratères, les anciennes coulées de lave, et les fissures et
crêtes créées par le lent déplacement de la couche externe de la Lune au
fil du temps.
Parmi les 30 cibles figure le bassin Orientale, un cratère de près de
965 kilomètres de diamètre qui s'étend sur les faces visible et cachée
de la Lune. Orientale sera entièrement illuminé et visible à l'approche
d'Orion. Ce cratère, vieux de 3,8 milliards d'années, s'est formé lors de
l'impact d'un gros objet à la surface lunaire et conserve des traces
évidentes de cette collision, notamment une topographie spectaculaire au
niveau de ses anneaux. L'équipage étudiera les caractéristiques
d'Orientale de près et sous différents angles lors de son passage. Le bassin d'Hertzsprung figure également parmi les cibles de
l'équipage. Au nord-ouest d'Orientale se trouve un cratère de près de
640 kilomètres de diamètre sur la face cachée de la Lune. Bassin
annulaire plus ancien, Hertzsprung offre un contraste saisissant avec
Orientale, car ses reliefs ont été altérés par des impacts successifs.
L'équipage comparera la topographie des deux cratères afin de mieux
comprendre l'évolution de leurs formations sur des échelles de temps
géologiques.
A 17h56, ce 6 avril, l'équipage dépasse le record de la plus grande
distance par rapport à la Terre jamais atteinte par des humains (établi
par Apollo 13 en 1970) avec 400 171 km, 4 jours, 19h et 21 minutes après
leur décollage. 22h44 : perte de communication avec le réseau DSN, Deep Space Network,
prévue au passage de l'équipage derrière la Lune vu de la Terre (durée
approximative de 40 minutes).
23h02: point d'approche le plus proche de la Lune par Orion (6 550 km),
toujours sans visibilité Terre. 23h07 : Orion atteint sa distance maximale par rapport à la Terre (406
772 km). 23h25 : « Lever de Terre » marquant la réapparition de la Terre sur le
bord opposé de la Lune ; reprise prévue des communications lors de
l'émergence de l'équipage.


Nomination de 2 nouveaux cratères sur la
face cachée de la lune par l'équipage d'Artemis 2, le cratère Carroll en
hommage à l'épouse du commandant Wiseman et Intégrity en hommage à leur
vaisseau
Jour de vol 6, 7 avril, de 00h35 à 03h32,
une éclipse solaire, d'une durée
d'environ une heure vers la fin de la fenêtre de survol, est ajoutée au
programme. Durant cette éclipse, le Soleil sera invisible depuis Orion,
passant derrière la Lune. L'équipage observer alors une Lune presque
entièrement sombre, ce qui lui permet de repérer d'éventuels éclairs
lumineux provenant de météorites percutant sa surface, de la poussière
soulevée par le voile lunaire et d'autres objets du ciel profond,
notamment des planètes. Pendant que le Soleil disparaît derrière la
Lune, l'équipage observera la couronne solaire, la couche la plus
externe de l'atmosphère solaire, lorsqu'elle sera visible. 03h20 : fin des observations lunaires. À l'issue de la mission d'observation
lunaire, l'équipage d'Artemis II a reçu les félicitations du président
Donald Trump lors d'un entretien en direct. Ils se sont également
entretenus avec l'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, et ont
répondu aux questions des internautes.

Les membres d'équipage de la station ont appelé Reid Wiseman, Victor
Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, qui rentrent sur Terre à bord
du vaisseau Integrity, pour une brève conversation. L'équipage de la
station a exprimé sa curiosité quant à la différence entre les deux
vaisseaux, tandis que les membres d'équipage d'Artemis II ont partagé
leur expérience d'observation rapprochée de la Lune. Koch, qui a effectué deux sorties extravéhiculaires à bord de la
station avec Jessica Meir en janvier 2020 et qui est maintenant de
retour à bord, a déclaré : « Tout ce que nous avons appris sur l'ISS se
trouve ici-haut. »

Jour de vol 7, 8 avril, Integrity a
allumé ses propulseurs pendant 15 secondes, ce qui a entraîné une
variation de vitesse de 0,5 mètre par seconde et a guidé l'équipage d'Artemis
II vers la Terre.
Jour 9, 10 avril, seconde correction de trajectoire sur le retour à MET
J+8, 3h45mn.

Jour 10, 11 avril, 3e correction de trajectoire, MET J+8, 20h19mn.
METJ+9, 00h58, séparation du module de service et début de la rentrée
dans les hautes couches de l'atmosphère à 01h02mn. L'interface d'entrée
est franchie à 122 km, MET 01h08mn.
Les parachutes se déploient à MET 01h29 dès 7,6 km d'altitude pour
ralentir la cabine, l'amerrissage a lieu à 01h32 dans la Pacifique, au
large des cotes de San Diego.
L'atterrissage à 20h07 EDT (17h07 PDT heure locale ou 00h07 GMT le 11
avril) a mis fin à dix jours historiques qui, pour la plupart des
personnes vivantes, ont marqué le premier voyage humain au-delà de
l'orbite terrestre basse. La dernière fois remontait à la mission Apollo
17 en 1972.
Plongeant dans l'atmosphère à environ 38 600 km/h (Mach 32), les membres
d'équipage d'Artemis II ont subi une force équivalente à 3,9 fois la
gravité terrestre et une coupure des communications de six minutes avant
le déploiement de plusieurs parachutes qui ont ralenti leur descente
finale de 11 000 mètres vers l'océan. Le module Integrity a atterri en
position verticale (position « stable »), facilitant ainsi la
récupération des astronautes.
Des plongeurs et du personnel médical de l'US Navy, stationnés sur de
petites embarcations, étaient en route pour rejoindre Integrity,
sécuriser la capsule et aider l'équipage à la débarquer sur un radeau de
sauvetage, puis à monter à bord de deux hélicoptères : Koch et Glover
dans l'un, Hansen et Wiseman dans l'autre, pour être transportés jusqu'à
l'USS John P. Murtha pour des examens médicaux complémentaires. Le même
navire de transport amphibie de classe San Antonio récupérera le
vaisseau spatial dans son radier et le ramènera à terre, à la base
navale de San Diego.
L'équipage de l'Artemis II a été transporté par hélicoptère du navire à
San Diego, puis ramené à l'aéroport Ellington de Houston où leurs
familles les attendent.

Au total, Integrity et l'équipage d'Artemis II ont parcouru 1 117 659 km
(694 481 miles) en 9 jours, 1 heure, 32 minutes et 15 secondes, du
lancement à l'alunissage. Au point le plus proche, ils se sont approchés
à 6 545 km (4 067 miles) de la surface lunaire.
13 avril, KSC, le premier lot de segments de SRB pour Artemis 3
arrive. Acheminés par voie ferrée à travers huit États à bord de
transporteurs spécialisés, les segments ont été fabriqués par Northrop
Grumman dans l'Utah avant d'être transportés jusqu'au centre spatial
Kennedy. Les équipes procèdent actuellement au traitement du matériel au
sein du Rotation, Processing and Surge Facility où chaque segment sera
inspecté et préparé pour son intégration. Un deuxième lot de segments
est attendu cet été.

20 avril, KSC, le ML est de retour dans
le VAB. Après restauration, commencera l'assemblage des élements d'Artemis
3 dans l'été.
28 avril, KSC, arrivée de l'étage "core" d'Artémis 3 dans le VAB. Il
sera placé horizontalement dans l'allée de transfert du VAB avant d'être
hissé dans la baie haute 2, où il sera connecté à la section moteur et à
sa queue , intégrées en août 2025.

La cabine Orion 2, après son vol dans l'espace retourne au KSC dans le
Multi-Processing Payload Facility. Les techniciens vont entamer les
opérations de démantèlement du vaisseau. Cela comprend le retrait des
charges utiles du module d'équipage, la récupération des boîtiers
avioniques en vue de leur réutilisation et la collecte des données
embarquées afin de mieux comprendre son fonctionnement et d'améliorer
les procédures et la planification des futures missions Artemis. Le
bouclier thermique d'Orion et d'autres éléments seront démontés pour une
analyse approfondie, et les résidus dangereux, tels que le surplus de
propergol, seront évacués. Alors que les évaluations détaillées post-vol
d'Artemis II sont en cours, les ingénieurs finalisent les principaux
tests fonctionnels du module d'équipage Orion d'Artemis III au Centre
spatial Kennedy de la NASA avant son assemblage avec le module de
service plus tard cet été. Les 186 blocs Avcoat de son bouclier
thermique amélioré ont tous été installés, polymérisés et inspectés. Les
équipes ont également achevé les tests de cyclage thermique et les
inspections par ultrasons du bouclier thermique. Le module de service
Orion d'Artemis III a subi avec succès les tests de cyclage thermique,
les vérifications de déploiement des quatre panneaux solaires et
l'installation du cône adaptateur reliant Orion à la fusée SLS. La NASA
prévoit d'intégrer les modules d'équipage et de service au système
d'interruption de lancement plus tard cette année.
La mission Artemis III de l'année prochaine enverra des astronautes
en orbite terrestre à bord du vaisseau spatial Orion, placé au sommet du
SLS, afin de tester les capacités de rendez-vous et d'amarrage entre
Orion et les vaisseaux spatiaux commerciaux nécessaires pour faire
atterrir les astronautes d'Artemis IV sur la Lune en 2028.
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