L'ESPACE PRIVEE, SPACE X


2015

10 janvier, la 14e Falcon 9 lance le 5e cargo Dragon vers ISS après 2 tentatives avortées (6 janvier à T-1 mn 21s, problème vérin tuyère second étage). La cabine apporte 2317 kg d'équipements aux astronautes. La récupération du premier étage du lanceur est un échec, il arrive un peu trop vite sur la barge de récupération ASDS et explose.

ASDS, UNE BARGE POUR RECUPERER LE FALCON 9

   

21 janvier, le lancement du Falcon emportant DSCOVR est repoussé à début février, le temps au client de préparer au mieux sa mission.

31 janvier, test de mise à feu des 9 moteurs Merlin du Facon 9 sur le SLC 40. Le lanceur est ensuite rentré dans son hangar pour intégrer la charge utile. Le vol est prévu le 8 février. Le 8 février, le décompte est arrêté à 2 minutes du décollage suite à un problème de radar sol. Le 10 février, des vents en altitude repousse le lancement. Le 10, les vents en altitude sont toujours présents.

11 février, le 15e Falcon 9 emporte le satellite DSCOVR de la NOAA et l'USAF (570 kg) sur une orbite visant le point de libration L1. Space X tente une nouvelle fois un amerrissage contrôlé du premier étage du lanceur sur la barge ASDS (Autonomous Spaceport Drone Ship), mais les conditions météo dans l'Atlantique ont contraint à un amerrissage en "douceur" en mer à 10 mètres du point prévu.



Vue artistique du pad de tir du Falcon 9 au texas.

Space X prévoit d'utiliser l'ancien pad de tir 13 de Cap Canaveral comme port de retour de l'étage du Falcon.

Le 1er mars, Spaec X lance sa 16eme Falcon 9, la 11eme en version 1.1. Le lanceur place 2 satcoms en orbite GTO (4 160 kg), Eutelsat 115 West B et ABS 3A. Vue la masse à satelliser, Space X n'a pas tenter la récupération du premier étage du lanceur. Le prochain tir, fin mars emportera un satellite de télécommunication du Turkmenistan.

16 mars, Space X doit amener son Falcon 9 sur le pad de tir pour une mise à feu statique avant le lancement prévu pour le 21 mars. La Falcon emportera Turkmesat 1, le 1er satcom du Turkmenistan. Le satellite construit à Cannes chez Thales Alenia est arrivé au Cap Canaveral le 26 février. Le satcom de 4500 kg sera déployé sur une orbite GTO lointaine.

17 mars, Space X travaille sur un problème au niveau du lanceur (réservoir d'hélium), le lancement est repoussé. Selon la société, le soucis incombe aussi pour le second étage ce qui retarderait le tir à fin avril. Il s'agirait d'une anomalie au niveau de la fabrication en usine.

21 mars, Space X décide de faire passer le vol Dragon Sp6 avant le vol du satcom Turkmesat

30 mars, Space X lancera le vol Falcon 9-18 avec la cabine Dragon 6 emportant 1650 kg de fret pour ISS le 10 avril. Au cap Canaveral, le Falcon 9 destiné au satcom est sortie du hangar d'assemblage et le lanceur du Dragon mis à la place, le hangar ne pouvant assembler qu'un lanceur à la fois. Le premier étage était en test au Texas au Mc Gregor Test Stand depuis le début du mois. Comme Space X doit à nouveau tenter une récupération de cet étage sur la barge autonome ASDS, Space X a besoin de temps pour l'équiper de ses 4 jambes d'atterrissage.

Le Dragon de la mission CRS Sp6 avant son départ pour la Floride la dernière semaine de février à Hawthorne en Californie quartier général de SpaceX là ou sont assemblé les cabines.

Le lanceur F9-018 dans le hangar HIF

Avril, Space X doit lancer 2 Falcon 9 durant le mois et réaliser un test de tir avorté pour la cabine Dragon 2 en mai. La Falcon 9-18 doit lancer le 13 avril la cabine Dragon CRS 6, 3 jours après un tir statique sur le pad 40. Le satcom Turklemnsat doit partir le 24 avril sur le F9-17. Le 2 mai, si tout se passe bien, Space X doit tenter de faire décoller la cabine Dragon 2 du sol pour simuler un vol avorter au lancement nécessaire à la qualification de la cabine avec des astronautes à bord. La maquette monté sur une structure cylindrique sur pied doit s'élancer dans le ciel propulsée uniquement par ses moteurs SuperDraco. Dans la cabine, 7 siéges ont été installé dont un avec un mannequins simulant un astronaute. En début d'été, Space X doit lancer un autre cargo vers ISS et placer 2 satellites en orbite, Orbcomm OG2 et Jason 3 depuis Vandenberg. Normalement, cette mission devrait voir le retour du premier étage du lanceur sur le pad 13 du Cap Canaveral. A cela s'ajoutera un autre test avec le Dragon 2 simulant une mission avorté en cours d'ascension.

La cabine Dragon 2 du vol Pad Abort Vehicle. C'est un Dragon 1 avec une petite écoutille. Il n'y a  pas de fenêtres, les autres fenêtres sont juste des miroirs dorés posés sur la carlingue. 7 siéges ont été installés à bord, dont 6 en aluminium avec des plaques d'acier boulonnées pour simuler la masse des astronautes et le dernier en composite noir. Les moteurs Draco sont montés par 2 pour la redondance sur chaque coté de la cabine. Chacun délivre 7 tonnes de poussée. Ce sont eux qui propulseront la cabine en altitude qui retombera ensuite suspendue par son parachute

9 avril, Vandenberg AFB, Space X réalise un essais de remplissage en ergols d'un Falcon 9 dressé sur le pad 4E. Ce lanceur sera utilisé cet été pour le vol Flight Abort Test Booster avec une cabine Dragon 2 au sommet. Ce lanceur, en version 1.1 n'est équipé que de 3 moteurs Merlin à sa base, il n'a pas de jambes d'atterrissage, ni étage supérieur. Il ressemble au F 9R Dev 1 utilisé comme Grasshopper et détruit après 5 vols en altitude en août 2014. Il semblerait que ce soit le F 9 Dev 2 qui devait réaliser des vols en haute altitude depuis le SpacePort de New Mexico mais dont le programme a été annulé. (photo NSF)

14 avril, après un report de 24 heures du aux nuages, Space X lance sa 17eme Falcon 9 (F9-18) qui met en orbite le cargo Dragon CRS 6. Il sera récupéré par le bras robot de la station le 17 avril. La tentative de récupération du premier étage échoue une nouvelle fois, la vidéo de Space X montre l'arrivée de l'étage au dessus de la barge ASDS soutenu par son unique moteur Merlin, mais au dernier moment, des instabilités de dernières secondes dans la descente vers la cible font basculer l'étage sur le coté. Après les essais du GrassHopper, Space X a réalisé 3 tentatives d'atterrissage du premier étage du Falcon sur la barge ASDS sans réel succès.

       

22 avril, un autre Falcon 9 V1.1, le F9-17 est sur le pad 40 de Cap Canaveral pour un test de mise à feu des 9 moteurs Merlin du premier étage. Le lancement est prévu le 27 avril. Space X confirme aussi le vol Pad Abort du Dragon 2 le 5 mai.

Le 27 avril, après quelques "red" dus à la météo, la 18eme Falcon (F9-17) quitte le pad 40 du KSC emportant le satellite Turkmenistan 4500 kg vers l'orbite GTO. Il servira au communication au dessus de l'Asie et l'Afrique du N-E. Le tir marque la fin d'une série de 5 tirs en l'espace de 4 mois depuis le début de l'année. Le 5 mai , Space X procédera au test Dragon2 Pad Abort et le 19 juin au vol SpX 7 vers ISS.

1er mai, Space X annonce le "pad abort test" pour le 6 mai à 11h TU.

5 mai, le véhicule Pad Abort est amené sur le pad pour un tir statiques des moteurs Draco.

6 mai, la mission "Pad Abort" est un succès. La cabine Dragon passe de 0 à 160 km/h en une seconde, les moteurs Draco délivrant 54 tonnes de poussé arrachant les 9300 du véhicule du pad 40. Après 15 secondes, la cabine est séparé du tronc lanceur en arrivant à son apogée à 1500 m. 3 secondes après, les 2 parachutes extracteurs sont sorti, les 3 principaux suivent. Le test dure 99 secondes, la cabine amerrit 8 secondes avant le moment prévu à 2 km du point prévu. La cabine sera ramené sur terre au Texas et analysé avant d'être préparé pour un autre test cet été depuis Vandenberg au sommet d'un étage de Falcon pour un test de vol avorté.

    

       

 

t-0 : 8 SuperDracos s'allument simultanément et atteignent la poussée maximum, en propulsant l'engin spatial du sol.

T 0.5s : Après 1/2 seconde de vol vertical, le Dragon est dirigé vers l'océan et continue ses contrôles d'attitude. Les moteurs SuperDraco accélèrent pour contrôler la trajectoire.

T 5s : Tout le propergol est consommé et Dragon atteint son apogée au bout de 15s à environ 1500 mètres au-dessus du pas de tir.

T 21 : Largage du "trunk" et l'engin spatial commence une rotation lente afin d'orienter son bouclier thermique.

T 25 : De petits parachutes de stabilisation sont déployés d'abord durant 4 à 6s après la séparation.

T 35 : Dès que le véhicule est stabilisé, trois parachutes principaux se déploient et ralentissent davantage l'engin spatial avant l'amerrissage.

T 107s : le Dragon amerri dans l'Océan Atlantique à environ 2,200 mètres de l'aire de lancement.

Juin, les travaux sur le LC39A se poursuivent. Le hangar d'intégration est en phase finale, il est bardé extérieurement. Sur le pad, la rampe d'accès a été modifié, la partie centrale a été bétonné pour le roulage des camions et les bords où roulaient le Crawler supporteront les rails du transporteur érecteur.

Inscription du logo "Space X" sur le hangar d'intégration des lanceurs HIF. Il pourra contenir jusqu'à 5 étages principal de Falcon  simultanément. Le lanceur constitué d'un assemblage de 3 corps principal est assemblé à l'horizontale puis soulevé pour mettre en place le transporteur.

   

Illustration du Falcon 9 et 9H sur le pad 39A.

Le transporter érecteur du Falcon 9 H, TEL en cours de fabrication au hangar S de Cap Canaveral (mars 2015). Il a été transporté dans le hangar d'intégration en mai.

12 juin, le vol F9-20 CRS 7 est repoussé du 26 juin au 28, au alentour de 10h20 suite à un problème d'assemblage du Dragon au lanceur. Le tir statique glisse au 26.

Le tir statique en vue du vol CRS 7 a lieu le 26 juin.

Le 28 juin, la Falcon 9-20 décolle à l'heure prévue, soit 12h21 TU du SLC 40 de Cap Canaveral avec à son sommet le cargo Dragon 7 à destination d'ISS. L'ascension est "nominale" pendant les 2 premières minutes, le lanceur passe  "Max Q". A T+ 2mn 20s, le lanceur expose juste avant l'extinction du premier étage et l'allumage du second. C'était le 19eme tir du Falcon 9 depuis 2010 et le 24eme depuis 2006. La version utilisée, V1-1 a volé 4 fois déjà. outre la perte du lanceur, ce sont les missions de ravitaillement d'ISS qui sont sous la sellette. Le lanceur embarquait le cargo Dragon 7. qui apportait 1952 kg de charge utile, équipement de rechange (461 kg), appareils scientifiques (529 kg) et équipements pour les astronautes (676 kg). Le cargo emportait à l'intérieur du "trunk section" le premier adaptateur IDA International Docking Adapter (526 kg, qui devait être positionné à l'avant du Node 2 sur le PMA 1. Construit par Boeing avec la coopération de 25 pays, il devait être installé par les astronautes au cours d'une EVA et positionné par le bras SSRMS. L'IDA devait remplacer le système d'amarrage APAS 95 destiné au Shuttle. Un second IDA doit être lancé avec CRS 8.

Les premières analyses du film du vol montrent que le problème vient probablement du second étage, au moment de la mise en froid de son moteur avant son allumage à 2mn50. Le Falcon est à 45 km d'altitude et à une vitesse de 4720 km/h. On distingue un grand nuage blanc qui entoure le haut du lanceur, les 9 moteurs du premier étage étant toujours en marche et visible. Une partie noire se détache du lanceur, le Dragon semblerait il. A 2mn 27, le lanceur explose.

Lors de la première conférence de presse, Elon Musk, le président de Space X signale qu'une surpression dans le réservoir d'oxygène liquide du second étage a été détecté. Les raisons de la surpression de l'étage supérieur semblent assez inattendues, contre-intuitives". Cet étage utilise pour alimenter son unique moteur Merlin le couple kérosène et oxygène liquide (90 tonnes). Cet oxygène liquide LOX en haut de l'étage est pressurisé par de l'hélium. Les 2 réservoirs utilisent une structure monocoque en alliage d'aluminium-lithium. Au moment de la catastrophe, le moteur commençait sa mise en froid comme le montre les données télémétriques. L'ouverture d'une vanne permet la circulation de LOX à travers la turbopompe du moteur avant son démarrage 30 secondes plus tard.
La destruction du lanceur à 2mn 27s est probablement du aux cordons pyro installés le long des réservoirs et qui ont pour but de découper la structure pour libérer le carburant et le faire exploser. Selon la NASA aucun signal d'auto destruction n'est partie du sol. L'USAF a elle même envoyé la commande d'autodestruction 70 secondes après l'appariation de la première anomalie. Sur le film du vol on voit juste après l'apparition du nuage blanc (suggérant la rupture du réservoir d'oxygène) des flammes entourant le premier étage toujours en activité. Puis une explosion qui éteint les moteurs.
 

Le second étage du Falcon 9 est en fait un premier étage raccourcis. Il utilise d'ailleurs les mêmes matériaux et le même processus de fabrication et d'assemblage. Son diamètre est de 3,66 m et sa longueur avoisine les 15 mètres, sans l'adaptateur charges utiles et sans l'intre-étage. Il emporte 64 820 kg de LOX et 27 850 kg de RP1, soit près de 96 tonnes en charge. Les réservoirs sont monocoque en alliage d'aluminium-lithium.
  Il alimentent un moteur Merlin 1D Vac avec une tuyère optimisée pour fonctionner dans le vide avec une poussée de 81 tonnes. Le moteur est rallumable en vol et fonctionne nominalement pendant 372 secondes.

Le planning originel de Space X prévoyait cet été le premier vol du Falcon 9 v1.2 avec des moteurs à poussé augmentés de 30% avec le satcom SES 9, le vol avec Orbcom, la mission Jason 3 depuis Vandenberg, 2 satcoms de Boeing et 2 vols vers ISS. Un vol CRS devait emporte le second module d'amarrage IDA. Après la perte du premier IDA, la NASA envisage la construction d'un 3eme exemplaire avec les éléments de rechange à disposition. Les nombreux satcoms qui attendent leur tour sur le Falcon 9 devront attendre la fin des conclusions de l'enquête.

8 juillet, Space X annonce le report du test du système d'évacuation en vol de la cabine Dragon, initialement prévu cet été à Vandenberg AFB à la fin de 2016. Le test aura lieu depuis le LMC39A du KSC. Le tests avait déjà été reporté à la fin de l'année en mai.

20 juillet, Space X révèle quelques informations sur l'échec du vol 18 de juin dernier. Dans le second étage, la barre support qui tenait un des réservoirs en composite rempli d'hélium, le COPV (Composite Overwrapped Pressure Vessel) dans le réservoir d'oxygène s'est rompue. Cet élément de 60 cm de long assure le maintien du réservoir contre la paroi dans celui d'oxygène liquide. Il est prévu pour résister à des charges de 4500 kg mais a cédé à 900 kg. Le support a cassé à 138 secondes, libérant le réservoir d'hélium qui est venu frapper la paroi du réservoir d'oxygène. L'hélium libéré a provoqué une surpression dans le second étage en moins d'une seconde. La structure n'a pu résisté. De nombreux capteurs sur le lanceur, dont les accéléromètres ont enregistré le choc du réservoir d'hélium sur la paroi de celui d'oxygène. La séquence a duré 893 ms. Pour Elon Munsk, "Tout ça révèle être un casse-tête. Les données de télémétrie montre confusément une chute de pression d'hélium, que vous espérez être une brèche dans le système et puis, un peu étrange, une hausse dans le système, qui revient à sa valeur de départ. Ceci est évidemment assez déroutant. "

Ce support est fabriqué par une société en externe. Elon Munsk assure qu'il le serra par un autre fournisseur et sera désormais re-certifié par Space X. Les supports de COPV qui ont cassé lors des tests au sol ont montré un défaut dans la structure du métal. Munsk annonce aussi que la cabine Dragon a été arraché du lanceur et a transmit des données jusqu'à sa retombé au delà de l'horizon. Si elle a libéré ses parachutes, elle aurait pu être sauvé. Des modifications seront faites dans les logiciels pour faire en sorte que la cabine Dragon puisse déployer ses parachutes s'il y a un problème durant l'ascension. Munsk a ainsi déclaré que le Dragon aurait pu être sauvé si ça avait été le cas. Les parachutes ne sont prévus de se déployer que pour le retour depuis la Station.
Conséquence, pas de reprise des vols avant septembre au minimum et Space X annonce que le développement du Falcon 9 Heavy va être mis au ralenti. Le premier lancement est repoussé à mi 2016. Le lanceur, constitué de 3 Falcon 9 accolés sera capable de placer 6400 kg en GTO

Septembre, Space annonce que le retour en vol du Falcon 9 ne se fera pas avant le mois de novembre, vers le 20. Le 20eme exemplaire du Falcon 9 équipé de moteur à poussée augmentée (9 tonnes), c'est à dire la version V1.2 ou "full thrust", devra mettre sur orbite le satcom SES 9. Cette performance sera possible en densifiant d'avantage l'oxygène liquide (7%) sur le pad 40 en utilisant l'azote liquide comme refroidisseur. Suivra ensuite le cargo Dragon 8 en décembre, autour du 6. "« Ce que nous voulons faire, c’est tenir compte des leçons que nous avons tirées de cet échec » a déclaré un représentant de la société. Space X va en profiter pour vérifier tous les éléments de son lanceur produits en externe pour déceler d’autres éventuels soucis techniques. La mise en orbite de Jason depuis Vandenberg avec la dernière Falcon 9 V1.1 est prévu le début de 2016 en parallèle avec Orbcomm de Canaveral vers le 21 décembre. Space X vient d'expédier un premier étage de Falcon "Full thrust" au Texas pour les essais de mises à feu au banc. Une mise à feu de 15 secondes sera réalisée à la mi septembre et une de longue durée à la mi octobre.

11 septembre Space X dévoile l'intérieur de la cabine Dragon V2. Les images montrent par rapport à la version de mai 2014 que les surfaces métal brillantes ont été remplacé par des sièges baquets noirs et des murs blancs. Avec 4 hublots, l'équipage pourra voir au dehors depuis leur siège en fibre de carbone et habillé d'Alcantara. Le panneau de contrôle plat est monté sur le devant avec ses 3 écrans couleurs. Avant sa mise en opération, la cabine doit passer l'épreuve du pad abort et un vol automatique vers ISS.

       

 
LE FALCON V1.2 Full Thrust

Les améliorations du Falcon 9 v1.2, Full Thrust, 771 tonnes de poussée au décollage avec un second étage plus long (1,6 m, soit 70 m) pour contenir plus de carburant, un moteur a poussé accrue (de 81 600 kg à 95250 kg de poussée) et un premier étage amélioré avec une structure renforcée permettant d'augmenter la quantité de LOX super froid (-206°C) et de RP1 (-7°C) dans les réservoirs (+10%), seul le réservoir de RP1 est rallongé, celui du LOX est raccourcis, la hauteur restant la même (41,2 m, des jambes d'atterrissage améliorées, une baie de propulsion modifiée (allègée) et moteurs Merlin à poussé accrue (les moteurs fonctionnent à 100% au lieu de 80, soit 771 tonnes au décollage), soit 13% de gain en plus. Le gain final en performance augmente de 33%.

Septembre, Space X lancera Hispasat et Arabsat 6A. Le carnet de commande de la société représente 60 lancements en prévision soit un CA de 7 milliards $.

24 septembre, centre d'essais de Mc Gregor, l'étage du Falcon "full thrust" qui servira pour la reprise des vols en novembre est mis à feu 15 secondes sur le nouveau banc du site, (l'autre est en cours de modernisation). L'étage construit dans l'usine de Californie est arrivée en août dernier au Texas.

16 octobre, d'un commun accord avec SES et Orbcom, le retour en vol du Falcon 9 se fera avec une grappe de 11 mini satellites Orbcom. Space X pense réaliser ce vol plus rapidement d'ici 6 à 8 semaines. Le SES passera sur le vol suivant en décembre. Space X devra mettre les bouchers doubles pour rattraper le retard de son calendrier. Elle devra en outre négocier avec les partenaires d'ISS un créneau pour le dragon 8 après le retour du Cygnus 4 et lancer la dernière Falcon 9 v1.1 depuis Vandenberg (Jason 3). Selon la firme US, 40 "core" devait pouvoir être fabriqués en une année. Au moment du vol CRS 7, la cadence était seulement de 20 étages, soit 20 jours par étage.

Octobre, centre d'essai de Mc Gregor, Texas, Space X va débuté les tests du DragonFly. La cabine sera attachée au sommet d'une grue pour une série de mises à feu des moteurs SuperDraco qui serviront lors du retour sur terre du véhicule. Les tests se dérouleront sur une surface de 12 mètres près du site d'essais des moteurs SuperDraco. Après les tests de "grue", le DragonFly sera largué d'un hélicoptère pour d'autres essais d'atterrissage. Un dernier tests permettra de faire décoller le véhicule jusqu'à 2000 mètres en allumant durant 12 secondes ses moteurs.

Novembre, les travaux sur le pad 39A du KSC sont en cours d'achèvement. La climatisation dans le hangar d'intégration du Falcon 9, le HIF a été mis en marche et les portes fermées. Sur le pad, les essais avec le TEL Transporter Erector Launcher démarrent. Le TEL, semblable a celui de Vandenberg est sortie du hangar tracté par un camion. Pour gravir la rampe d'accès du pad, il est tiré par des câbles attachés à 2 treuils. Une fois sur la surface plane, il vient se positionner au bord de la table de lancement et se clamper sur les pivots. Des vérins de 4 m de long sont alors attaché au TEL pour le dresser à la verticale. Une fois dressé, la base du lanceur est accouplé à la table de lancement. Avant le lancement, l'érecteur est alors écarté  de 2° comme sur le Falcon 9, puis redescendu à l'horizontale. Sur le pad, la tranchée coté Sud a été rebouché et le déflecteur de flammes sort uniquement vers le Nord

   

Mc Gregor, Texas, Space X annonce que les essais au banc de son moteur SuperDracos sont terminés. Le module de propulsion composé de 2 moteurs qui seront utilisés sur la cabine habité Dragon pour l'éloigner du lanceur en cas d'avarie ont été mis à feu 27 fois en plus des 300 essais individuels. 4 modules de 2 moteurs seront installé autour de la cabine. Produisant près de 50 tonnes de poussé, il accéléreront la cabine de 0 à 180 km/h en 1,2 secondes. Le test Pad Abort en début d'année l'a démontré. Chaque moteur brûle des ergols hypergoliques.

Le retour en vol du Falcon va probablement glissé à la mi décembre avec le premier Falcon 9 V1.2 (F9-021) pour la mise en orbite de 11 satellites Orbcom. Les vols suivant sont repoussés à 2016 avec dans l'ordre en janvier le lanceur F9-019 et Jason de Vandenberg (dernière V1.1), F9-022 avec SES 9 et F9-023 avec Dragon 8. Suivront Sherpa, Eutelsat 117WS et ABS 2A, CRS 9, le vol démo du Falcon 9 H, Dragon 2 (DM 1).

Space X va probablement lancer des satellites GPS pour l'USAF en 2018 suite au retrait d'ULA de la compétition. Space X avait en 2014 intenté un recours auprès des autorités américaines pour pouvoir lui aussi participer à la sélection de lanceurs pour les satellites de l'USAF. ULA et l'Atlas 5 qui lance les charges de l'USAF depuis 2006 a déclaré forfait suite à la contre verse à propos des moteurs russes qui équipent le lanceur Atlas 5. Suite au conflit de la Russie avec la Crimée, le département d'état US a interdit l'achat futur de moteurs RD180. Space X propose son Falcon à 80 millions  et ULA l'Atlas 5 à 164 et le Delta 4 à 305 millions. ULA n'a pour l'instant aucun moteur de remplacement, son alliance avec Blue Origin ne portera ses fruit que plus tard. Bien que ULA est poussé le congrès à revoir sa décision, les USA se retrouveraient de nouveau en situation de monopole non pas avec 2 lanceurs mais un seul. La maison blanche et le sénat viennent d'autoriser l'achat de 4 autres moteurs RD 180 pour raison de "sécurité  nationale", le président Obama doit le valider dans les prochains jours. Il reste à ULA 5 moteurs RD 180 en stock.

20 novembre, la NASA achète une première mission avec Space X pour envoyer des astronautes sur ISS. C'est le second contrat de ce type passé par l'agence US après Boeing et le CST 100 en mai. La NASA n'a pas préciser laquelle des 2 compagnies partiraient le premier à partir de 2017-2018. Ce contrat et celui de Boeing devra réduire le cout des vols des astronautes dans l'espace actuellement payé aux Russes sur des Soyouz. Si la NASA ne reçoit pas l'argent nécessaire pour le contrat CCtCap, les missions seront retardées au détriment des Russes. Chaque contrat doit garantir 2 à 6 vols avec 4 astronautes pour une durée de 210 jours maximum.

24 novembre, centre Mc Gregor, le Dragon 2 suspendu à une grue réalise un test de ces moteurs Draco durant 5 secondes. 2 jours avant, les ingénieurs avaient mis à feu les moteurs avant de tester leur performance. La cabine utilisé est celle a qui volé sur le "test abort" en mai 2015.
Les 8 moteurs Draco sont montés 2 par 2 autour de la cabine de 3,6 m de diamètre et sont alimentés par de l'hydrazine. Ils servent normalement à pleine puissance à éjecter la cabine du lanceur en cas de vol avorté, mais aussi pour l'atterrissage en Douceur sur terre en complément des parachutes. Space X a reçu 7 milliards $ pour développer le Dragon 2 destiné à amener des astronautes vers ISS. D'ici fin 2016, Space X procédera à des tests de retour en parachutes et commencera l'assemblage de la première cabine pour un vol prévu en fin d'année en automatique. Début 2017 aura lieu un test de vol avorté puis un vol avec équipage au printemps.

28 novembre, les gardes cotés britanniques retrouvent aux larges des îles Scilly un débris du lanceur Falcon 9 CRS7. Mesurant 10 m sur 4, il flottait sur l'eau entre Bryher et Tresco à plus de 7500 km de la Floride. Il s'agirait soit du vol CRS 7 ou de celui de septembre 2014.

1er décembre, lors de son prochain vol prévu le 15, Space X va tenter de faire atterrir le premier étage du Falcon 9 non pas sur la barge prévu à cet effet mais sur le terre ferme, à Cap Canaveral sur le Landing Complex 1, l'ancien LC13 des Atlas. Cette annonce intervient alors que la société Blue Origin vient de réussir un vol autonome à 100 km d'altitude de son lanceur qui est revenu se poser au sol non loin de son point de départ. Le tir statique du lanceur 20 est prévu la seconde semaine de décembre, l'étage 2 doit arrivé au hangar HIF dans la semaine. Si l'opération réussit, Space X devrait utiliser l'étage récupéré pour des essais sur le pad 39A en le mettant sur le TE et en le hissant à la verticale. Space X devrait aussi relancer le booster récupéré après inspections. Sur le pad 39A, Space X devrait enlever la tour RSS dès janvier prochain et enlever les parafoudres originaux pour construire un parafoudre en "Y".
 
Le LC13 des lanceurs Atlas faisait partie des premiers pads de tir construits sur la  "missile row" de Cap Canaveral dans les années 1950-60 qui a permit de tester les premiers missiles Atlas avec les pad 11,12 et 14 juste à coté. Le LC13 a été inauguré en août 1958 avec l'Atlas 3B, second missile Atlas B. Il sera suivit de 51 autres Atlas B, D, E et F jusqu'en 1961. Par la suite, le pad lancera les Atlas Agena dès 1963. 21 seront lancés pour mettre en orbite les satellites VELA, OGO, Rhyolite et sondes Mariner 3, Lunar Orbiter jusqu'au 7 avril 1978. Désigné "monument historique", le pad sera démolit en 2005. Space X a conclut un accord de location du site avec l'USAF le 10 février 2015 pour son lanceur. Le complexe sera rebaptisé le 2 mars LC1 puis Landing Zone 1 en décembre.
La tour mobile de service du LC13 a été construite pour les Atlas Agena dans les années 1960. Elle ressemble a celle du LC36 ses Centaur. Elle a été démolit en août 2005, et restait la seule tour encore visible des pads de Canaveral des années 1960. Le blockhouse a été démolit en 2012

8 décembre, le lancement du Falcon 9-21 avec les11 Orbcomm est confirmé pour le 19 décembre avec un tir statique le 16. Space X annonce aussi le vol du Falcon 9 V1.1 F9-19 depuis Vandenberg avec le satellite Jason pour le 17 janvier et CRS 8 depuis Cap Canaveral le 7 février (F9-23).

15 décembre, la coiffe contenant le 11 satellites est assemblé sur le lanceur 21. Le rollout vers le pad a lieu le 16. La mise à feu statique du premier étage est repoussé au 17 décembre. Le 17, la mise à feu est annulée suite à des problèmes de valves sur le pad avec le chargement des réservoirs en LOX super froid (-206°C au lieu de -183°C, ce qui accrois sa densité de 8%).

18 décembre, Space X procède au tir statique du lanceur 21. Le lancement est prévu le 20.

19 décembre, la FAA donne son accord pour un retour de l'étage du Falcon 9 sur terre lors du tir du 21 décembre. Outre le RTF du lanceur avec la version FT, Space X va tenter une récupération du premier étage du lanceur non pas en mer sur barge mais au sol, sur l'ancien pad de tir de Cap Canaveral le LC13, rebaptisée LZ 1 pour Landing Zone 1. 2 essais de retour sur barge ont été tenté par Space X, sans succès. Lors du vol CRS 5, l'étage s'est incliné de 45° au moment de l'atterrissage à basculé et explosé et lors du vol CRS 6, l'étage a frappé la barge à l'atterrissage. Pour ce vol, l'étage de 45 m de hauteur doit revenir à terre 10 minutes après son lancement

       

La zone de retour en béton fait 60 m de diamètre. Elle est entourée d'une zone de 230 m de gravier compressés. 4 petites zones bétonnées de 45 m de diamètre servent de secours. 2 routes permettent l'accès à la zone pour les grues de levage et à l'emplacement de l'ancien centre de contrôle se trouve un stand destiné à sécuriser l'étage durant les opérations post landing (pliage des jambes, vidange des combustibles, neutralisation des explosifs). Le concept initial prévoyait une zone principale entourée de 6 petites zones de 45 m de diamètre pour un éventuel retour de 2 ou plusieurs étages en même temps. L'idée n'a pas été gardé par Munsk.

A l'extinction des moteurs Merlin, l'étage est séparé du reste du lanceur qui continue son vol. Le premier étage poursuit sur sa lancée jusqu'à 180 km d'altitude et entame ses manœuvres de retour en allumant 3 des 9 moteurs. Les moteurs sont éteints dès que sa trajectoire intercepte celle de la zone de retour. A 81 km d'altitude, les 3 moteurs sont rallumés pour freiner la descente jusqu'à 45 km. Les 4 ailes stabilisateur au sommet de l'étage entre en action à la vitesse de M3. Pour la phase finale, un seul moteur est allumé pour réduire la vitesse 30 secondes avant l'atterrissage. En cas de problème sur le moteur, la retombé de l'étage se fera de façon balistique dans la mer.

       

       

20 décembre, le lancement est repoussé de 24 heures à cause des vents sur la zone de retour. De plus, Space X se donne un jour de plus pour analyser la préparation du remplissage des réservoirs en carburant "super froid".

Le 21 décembre, le retour en vol du Falcon 9 est un succès, le lanceur met en orbite les 11 Orbcom et le premier étage revient sur le LC 13 par ses propres moyens. Le premier étage s'arrête à T+2mn 25, la vitesse est de 6000 km/h et l'altitude 75 km. La séparation a lieu à T+2mn 28s suivit de l'allumage du second étage 7 secondes plus tard. Le lanceur est alors à 89 km d'altitude. L'extinction SECO a lieu à 621 km d'altitude à une vitesse de 25983 km/h. Suit une phase balistique et l'éjection des 11 satellites entre T+14mn 37s et T+ 19mn 07 s. Le premier étage quand à lui revient sur le sol à T+ 9mn 44s.

       

   

Photo de l'étage après son retour sur terre. De blanc, il a viré au gris-noir. La partie grise en bas est le réservoir de kérosène. Il est recouvert de suie à cause du panache des moteurs Merlin. Les triangles blancs sont les parties où étaient replié les jambes d'atterrissage. La partie haute est blanche car il reste de l'oxygène liquide froid dans le réservoir du haut qui en se condensant forme de la glace sur les parois les protégeant de la suie des moteurs.

Space X prévoit le vol avec le satellite Jason depuis Vandenberg le 17 janvier prochain, puis SES 8 de Canaveral à la mi janvier et CRS 8 en février. Sur le SLC4E, les techniciens vont assemblé le second étage du lanceur 20 le 28 décembre. Le satellite sera encapsulé le 8 janvier et mis sur le lanceur le 12.

Le 22 septembre 2011, Space X faisait décoller le Grasshopper de 1,8 m sur le site de Mc Gregor au Texas. Le 7 octobre 2013, après 8 vols, la sauterelle atteignait une altitude de 744 mètres et venait se reposer au point de départ. Le F9R Dev (ex Grasshopper v1.1) a pris le relais construit sur la base d'un premier étage de Falcon 9 v1.1 le 7 avril 2014. Après 5 vols, il s'écrase à l'atterrissage le 27 août 2014. Space X annonce son intention de récupérer le premier étage du Falcon 9 en mars 2013 en l'équipant d'instruments et d'équipement pour contrôler sa descente dans l'océan. Space X prévoit une récupération et un atterrissage en mer pour 2014. Les premiers essais consistent après la séparation en vol à rallumer l'étage pour le freiner en haute atmosphère puis après une phase balistique un autre allumage en basse atmosphère avant d'atteindre l'eau. Les essais débutent avec le vol de Cassiope en septembre 2013, puis en avril 2014 CRS3 avec un étage équipé de jambes déployables. Le 3e a lieu en juillet 2014 (Orbcom OG2), le 4e en septembre 2014 (CRS4). Avec le 5e test, Space X tente un retour sur la barge ASDP lors du vol CRS5 en janvier 2015. L'étage arrive trop vite et avec un ange trop important. Il touche la plateforme violement, se couche et explose. La barge a été positionné à 320 km du Cap. La seconde tentative de récupération sur barge est annulé lors du vol de DSCOVR à cause des mauvaises conditions météo en mer. L'étage se pose sur la mer à 10 mètres du point prévu. En avril, c'est le 7e essais pour Space X, le second sur la barge, l'étage arrive sur le ponton de la barge atterrit mais bascule et explose. Ce sera finalement à la 8e tentative que Space X réussira l'exploit de faire revenir et atterrir au sol en douceur un étage de fusée depuis l'espace, une altitude de 200 km. A l'origine, Space X devait tenter le retour avec le lanceur 21 et le satellite Jason 3 depuis Vandenberg en août 2015, l'échec du vol CRS 7 en juin a compromis le projet.

 
DATE MISSION PAD CHARGES UTILES OBSERVATIONS
10 janvier Falcon 9-14 SLC40 CRS 5  
11 février Falcon 9-15 SLC40 DSCOVR  
2 mars Falcon 9-16 SLC40 ABS-Eutelsat 1  
14 avril Falcon 9-18 SLC40 CRS 6  
27 avril Falcon 9-17 SLC40 Turmennalem 52E  
28 juin Falcon 9-20 SLC40 CRS 7 Echec durant l'ascension
21 décembre Falcon 9-21 SLC40 OG2 Première récupération sur la LZ 1 

 

 

2016