L'ESPACE PRIVEE, SPACE X

2018

Space X a lancé en 2017 18 Falcon 9, dont 5 avec un premier étage "éprouvé". La société aura aussi réussit à faire atterrir depuis 2016, pas moins de 19 "core", dont 14 en 2017. Tous les "core" récupérés en 2017 sont principalement des Blocs 3 (B1029 à 1039). 2 n'ont pour l'instant pas de mission assignées, le 1032 (NROL) et 38 (FormoSat). Space X va devoir pour se débarrasser de ces "core" BK3 les faire revoler une dernière fois sans tenter de les récupérer à l'image du dernier vol de l'année avec le B1036 Iridium 4. En fait, il apparait que les "core" Block 3 n'étaient simplement pas conçus avec l'espoir qu'ils survivraient à de multiples réutilisations. L'arrivée des premiers Block 4 suivit des Block 5 cette année permettra d'augmenter le taux de réutilisation, ces versions étant plus moderne que leurs prédécesseurs. L'objectif de Musk avec ce Block 5 est de revoler 10 fois avec le même "core" sans révision et 100 fois avec des rénovations périodiques. Il est fort probable que certains lancements en 2018 soient réaliser sans récupération de "core" en version Block 4 pour arriver plus rapidement au Block 5. Pour 2018, Elon Musk prévoit pas moins de 30 lancements de Falcon, dont la moitié avec des "core" réutilisables.

2018 est l'année du Falcon Heavy, illustré ici par un dessin de Oli Braun, buzz-medialabs.de. Le carnet de commande de Musk atteint près de 21 milliards $ pour 79 lancements prévus.

2 janvier, Space X doit lancer une trentaine de Falcon 9 en 2018. Dans la nuit du 4 au 5 janvier, ce sera le lancement du Falcon 9 Zuma depuis le SLC 40. Le tir prévu en novembre de l'année dernière avait été repoussé suite à un problème de coiffe sur un autre client. Le lanceur prévu pour être lancé du pad 39A a été déplacé vers le pad 40 maintenant opérationnel. Le lancement est prévu entre 1h et 3h TU.
Ce mois de janvier devrait aussi marquer le début de carrière du Falcon 9 Heavy. Le lanceur avec sa charge utile a été mené sur le pad 39A le 28 décembre dernier pour des essais de compatibilité, puis a été ramené dans le hangar HIF. Après le départ de Zuma, les opérations se concentreront sur le pad 39A où le lanceur aura été amené en vue d'une simulation de compte à rebours avec remplissage des réservoirs Wet Dress Rehearsal (répétition dite humide avec les ergols)  puis d'un tir statique "hot fire" des 27 moteurs du premier étage, si tout se déroule comme prévu le 6 janvier. Le lancement du Heavy devrait intervenir vers le 15 janvier. Il sera suivit du vol du Falcon 9 avec la charge PAZ depuis Vandenberg et du Falcon 9 SES 16 depuis le SLC 40 le 30 janvier.

Les "core" 1044 et 1045 ont été testé en décembre à Mc Gregor, ils vont être envoyé vers leur base respective. Space X n'a pas encore préciser si les prochains lancements (SES et PAZ) utiliseront des "core" neuf ou éprouvés.. Le premier "core" Block 5, le B1046 doit être expédié à Mc Gregor pour son tir statique.
Space X lancera la constellation de Maxar Technologie les satellites RADARSAT avec des Falcon 9 a étage éprouvé. De plus,  Korea Aerospace Research Institute (KARI) lancera sa sonde lunaire KARI Pathfinder en 2020 avec un Falcon 9.

Space X vient de signer avec avec l'Air force la location d'un hangar pour préparer les cabines Dragon 2 qui voleront vers ISS. Les cabines seront préparées dans l'aire 59, un ancien site de processing de satellites à Cap Canaveral, situé près de la piste d'atterrissage Sud du cap. Cet été, il recevra sa première cabine qui sera lancé avec des astronautes vers la station. Space X devrait commencer ces tests avec le Dragon 2 an avril et réaliser ces premiers vols en août. Mais ces dates pourraient glisser vers 2019.

L'Air Force va ouvrir un corridor de lancement vers le Nord cette année. Comme pour les lancements indiens qui contournent le Sri Lanka, les lanceurs changeraient de direction une fois passé Miami. Le premier étage retomberait comme d'habitude avant Cuba et le deuxième passerait à une attitude suffisamment élevée pour ne pas avoir besoin d'autorisation. Seule contrainte, le lanceur devra être équipé d'un système d'autodestruction autonome, dont les Falcon-9 sont les seuls équipés parmi ceux lancés de la Floride.
SpaceX ne prévoit pas actuellement de rapatrier ses lancements réalisés depuis la Californie. Blue Origin par contre ne devrait pas s'équiper d'un pas de tir à Vandenberg, du fait de la performance du New Glenn. Ce corridor offrirait également plus d'opportunités de lancements vers l'ISS et plus seulement quand la station passe au-dessus de Cap Canaveral en se déplaçant vers le nord-est.
L'Air Force doit aussi réaliser des améliorations à Cap Canaveral, afin de pouvoir réaliser jusqu'à 48 lancements sur une année, soit 4 lancements mensuels.Ce corridor a été étudié suite aux incendies à Vandenberg de septembre 2016. Ils avaient endommagé des équipements au sol et retardé un lancement de deux mois. Les incendies de 2017 n'ont dû faire que rendre ce corridor plus intéressant, en cas d'indisponibilité de Vandenberg. Le revers de cette solution est certainement la réduction de performance des lanceurs utilisés pour viser l'orbite polaire.

Depuis 2010, Space X a lancé 5 Falcon 9 en version 1.0 jusqu'en 2013 et 7 Falcon 9 en version 1.1 jusqu'en 2016. Depuis 2016, Space X ne lance que des Falcon 9 en version 1.2. Le Grasshopper et la version 9R Dev 1 a été utilisé pour développer les techniques de retour du premier étage avec respectivement 8 et 5 vols. Un autre véhicule a été également construit le 9R Dev 2.

Space X développe la cabine dragon 2 qui devrait voler cette année avec un équipage NASA revêtu de scaphandre made in "Space X". Elle sera équipé de moteurs Draco, en test à Mc Gregor actuellement.

3  janvier, Space X annonce un report de 24 heures pour le lancement de Zuma à cause de vent élevés en altitude. Le lanceur a été amené sur le SLC 40 sans sa coiffe pour des essais de remplissage des réservoirs (WDR). Lancement prévu le 7 janvier entre 1h et 3h TU.

5 janvier, le lancement de Zuma est de nouveau repoussé de 24 heures, au 8 janvier. Le "hot fire" du Heavy est prévu les jours qui suivront pour un lancement en fin de mois. Le "core" B1044 est en route pour Cap Canaveral, il devrait lancer le satcom Hispasat.

8 janvier, le Falcon 9-48 lance le satellite militaire identifié sous le nom de Zuma à 1h TU. La séparation des étages est confirmé par Space X, validé par les images des caméras embarquées. Le premier étage 1043 revient atterrir au sol en LZ1 après avoir culminé à 125 km d'altitude. Space X doit réaliser le "hot fire" de sa Heavy d'ici quelques jours puis lancer depuis le pad 40 le satcom SES 16 GovSat 1 le 30 janvier suivit du satellite espagnol PAZ depuis Vandenberg.

       

   

   

   

Photo en longue pose du lancement de Zuma. On y distingue bien les différentes phases de vol des 2 étages avec la phase propulsée du "core", son extinction, la "petite virgule" de l'étage qui continue son ascension avec ses moteurs encore fumants jusqu'à 125 km d'altitude, le "boost back", autrement dit l'allumage de 3 moteurs pour freiner l'étage, la descente en vol libre et le freinage juste avant l'atterrissage. Lors du "boost back", le "core" allume en premier le moteur central, puis les 2 latéraux pour stabiliser la trajectoire (visible sur la photo). Photos John Krausphotos, Teslarati, Wereportspace et Marcus Cote Photos)

9 janvier, des rumeurs indiquent que le satellite lancés par le Falcon 9, Zuma serait retombé en mer suite à un problème lors de sa séparation après sa mise en orbite. Space X déclare que le lanceur n'est pas en cause: "Après examen des données de vol, le Falcon 9 a parfaitement rempli sa mission. Si nous ou d'autres trouvons le contraire sur la base d'un examen plus approfondi, nous le signalerons immédiatement. Les informations publiées contraires à cette affirmation sont catégoriquement fausses. En raison de la nature classifiée de la charge utile, aucun autre commentaire n'est possible."
Puisque Falcon 9 n'est pas en cause il n'y aura pas d'impact sur le calendrier de lancement. l'essai statique de Falcon Heavy est prévu cette semaine avec un lancement peu de temps après puis SES-16 dans 3 semaines du SLC 40.

HispaSat lancera son satcom 30W-6 (6700 kg) en février avec Falcon 9 avec probablement un étage éprouvé. Le record de masse satelisable avec récupération du premier étage en mer fut pour SES 10 (5281 kg).

10 janvier, le "hot fire" du Heavy est repoussé de 24 heures. SES 16 sera lancé le 30 janvier du SLC 40 entre 21h23 et 23h37.

   

11 janvier, les techniciens de Space X procèdent au remplissage des réservoirs des 3 "core" du lanceur dans le cadre d'une simulation dite WDR, Wet Dress Rehhearsal. Les réservoirs de chaque "core" sont remplit en même temps pour limiter les efforts de structure dues aux chocs thermiques (près de 7 cm sur l'ensemble des réservoirs). Malheureusement, le tir statique est annulé.

Dans le cadre du programme Commercial Crew Program de la NASA visant à envoyer des équipages vers ISS, la NASA a demandé à Space X et Boeing de développer leur propre vaisseaux spatial. Boeing développe le CST 100 et Space X le dragon 2. Ce dernier doit débuter ses vols cette année avec un vol automatique en août (Demonstration Mission 1) et habité en décembre (DM 2). Boeing fera de même avec un vol automatique en août (Orbital Flight Tets 1) et habité en novembre (OFT 2).

Space X confirme que le site de Bronwville au Texas sera opérationnel fin 2018, ou début 2019 pour des essais et pour les tirs orbitaux par la suite..

12 janvier, le "hot fire" est prévu entre 15h et 21h TU. Un problème avec un des crochets de maintien du lanceur au sol, ou un TSM (mat de service) repousse encore une fois le tir statique de 24 heures. Le Heavy est remis en position horizontale dans le nuit. Le "hot fire" est prévu entre 22h et 3h du matin TU.

13 janvier, Space repousse le "hot fire" au 15 janvier à 21 h TU.
14 janvier, répétition du compte à rebours pour le Heavy avec remplissage des réservoirs du lanceur WDR.
Le satcom GovSat 1 qui sera lancé en fin de mois du SLC 40 arrive à Cap Canaveral. Ce satcom est le premier d'une série de constellation chargé d'assurer la sécurité des communications pour le gouvernement et les militaires. Construit par Orbital ATK, GovSat (4000 kg) est un partenariat entre la société Luxembourgeoise SES et le gouvernement. Le satellite est équipé d'un port pour héberger des charges utiles supplémentaires qui sera lancé avec les futurs satellites SES. La particularité est d'être détachable pour manoeuvrer avec SES 16.
15 janvier, le "hot fire" est une fois de plus repoussé de 24 heures, même heure.
16 janvier, le "hot fire" est de nouveau ajourné mais pour une durée indéterminée. Le satcom Hispasat 30W 6 arrive à Cap Canaveral. il sera lancé en février. D'une masse de 6092 kg, il sera injecté en orbite GTO directement.

Après le lancement du Heavy, les techniciens de Space X termineront les modifications sur le pad 39A avec le démontage complet de la tour RSS, l'installation du bras de service CAA pour le Dragon 2 l'allongement et l'ajout d'une grue sur la tour FSS. Space X ne devrait utiliser le pad que pour les missions NASA CRS, Dragon 2, le Heavy et quelques missions gouvernementales qui nécessite l'intégration de la charge utile verticalement.

18 janvier, Space X prépare son "hot fire" pour le 19 janvier entre 20h30 et 2h TU. Depuis une semaine, les techniciens s'affairent sur le pad 39A à la base du lanceur sur la table de lancement du TEL. Sur cette table, sont montés 8 crochets "clamp", 3 devant, 3 derrière et 2 sur les cotés qui maintiennent les 3 "cores" et 6 mats de service, TSM pour l'alimentation en ergols, fluides. 2 "clamps" sont commun au Heavy et Falcon 9. 2 "claps" viennent s'insérer sur les cotés, bouchant partiellement la fosse, pour transformer la table en version "Falcon 9". Il y a 2 TSM RP1 et 2 TSM LOX spécifiques au Heavy et 2 autres commun au Heavy et Falcon 9. Les raisons des reports se situeraient sur les TSM, pièces mécaniques petites et fragiles qui n'apprécieraient guère les contraintes thermodynamiques du lanceur une fois les 3 "core" remplis en propergols hyper froid.

19 janvier, avec le report de 24 heures du lancement du Atlas 5 du SLC 41, le "hot fire" est repoussé au 20 janvier.

20 janvier, Space X annonce un report du "hot fire" au 22 janvier au plus tôt. Le "shutdown" déclenché aux USA à minuit (pas d'accord sur le budget américain) paralyse l'ensemble des services publics. Aucune activité n'est assuré à Cap Canaveral durant cette période par le 45 th Space Wing. Les lancements de Space X seront compromis si le "shutdown" persiste. Iridium a prévu de lancer 10 autres satellites de sa constellation le 18 mars avec Falcon 9 et un premier étage éprouvé. Ces 10 satellites seront placés sur le même plan orbital et mis en opération après des tests et des validations. En avril-mai, Iridium lancera 5 autres satellites avec 2 passagers de la NASA. Puis d'ici la fin de l'été, 2 autres lancements termineront la mise en place des 75 satellites de la constellation. 9 serviront en secours en orbite et 6 au sol.

23 janvier, le "Shutdown" est levé, les sénateurs ont voté un amendement pour financer l'état US durant 3 semaines. Space annonce un probable "hot fire" pour le 24. Le lanceur va être rempli en propergol pour vérifier si les modifications réalisées sur le TEL fonctionnent et si tout se déroule comme prévu, la mise à feu sera enclenchée.
Le lancement du satellite PAZ est prévu pour le 10 février à 14h22 TU avec retour du premier étage sur le site de lancement.
SpaceX vient de recevoir le feu vert des autorités environnementales américaines concernant les "booms" supersoniques causés par les retours d'étages sur le site de Vandenberg (à cause de leurs impacts possibles sur les phoques qui vivent dans les îles au sud de Vandenberg, lieu qui pourrait être l'un des deux points d'atterrissages de secours (avec le recours à la barge). Ce feu vert est d'ailleurs conditionné, vu que ces retours ne pourront avoir lieu entre Mars et Juin, période de reproduction des phoques, sauf cas exceptionnels à évaluer par SpaceX elle-même (les autorités comptent sur le bon sens de la compagnie à ce sujet et au cas par cas). Le calendrier publié par Space X pour les lancements de la coté Ouest prévoit outre PAZ, 4 tirs Iridium, SHERPA, SAOCOM, SARah 1 et 2, et RADARSAT (Canada).

24 janvier, le "hot fire" du Heavy a lieu finalement à 17h30 TU engendrant un énorme nuage de fumée. Les 27 moteurs Merlin sont allumes pendant une dizaine de secondes, suffisamment pour obtenir les données voulues. Quelques heures après le test, Space X annonce un lancement pour début février, le 3 ou 4.

   

25 janvier, Space X lancera SES16 GovSat 1 le 30 janvier entre 21h23 et 21h37. Le "core" du premier étage ne sera pas récupéré, la barge OCISLY étant en charge de récupéré le "core" central de la Heavy.

26 janvier, Space X lancera le Heavy le 6 février entre 18h30 et 21h30 TU, avec le 7 en backup. Space X ne peut pas lancer après cette date, car l'extension du financement fédéral signée par le président Trump expirera. Space X ne peut pas lancer au milieu du "shutdown" car la société fonctionne sur la propriété du gouvernement avec l'aide du personnel militaire.

30 janvier, Space X reporte le lancement de son Falcon 9 GovSat de 24 heures suite à un problème technique sur le second étage (remplacement d'un capteur). Déjà, la fenêtre de tir avait été repoussé à 22h30 en raison de vent forts en altitude.

31 janvier, Space X lance son second Falcon 9 de l'année. A 22h25 TU, le lanceur quitte le pad 40 de Cap Canaveral et place GovSat SES 16 sur orbite GTO. GovSat est le premier satcom lancé pour le gouvernement Luxembourgeois, un partenariat entre le gouvernement et SES. Il assurera les communications militaires pour le Luxembourg et les pays alliés et des applications civiles. C'est le 5e SES déployé par Space X depuis décembre 2013. D'une masse de 4230 kg, il devrait resté opérationnel durant 15 ans, calé à 35 800 km et par 21,5°E. Le "core" B1032-2 n'est pas récupéré a l'issue de son vol, même si les photos le montrent toujours avec ses jambes d'atterrissage. Space X fait simplement revenir le "core" en mer comme en décembre dernier afin de récolter des données. Le navire "Go Quest" était en mer pour relayer les données de la rentrée et le "spashdown" en mer du "core" tandis que le "Go Searcher" était chargé de recueillir des données sur la retombée des demis coiffes et éventuellement récupérer des éléments en mer.

   

       

La mise en orbite de GovSat s'est faite en 2 temps avec un premier SECO du second étage à T+8mn35s, suivit d' un vol balistique transatlantique jusqu'à un second rallumage à T+26mn40 au dessus du Gabon, l'altitude est de 244 km et la vitesse de 26500 km/h. Le moteur fonctionne 68 secondes et propulsé la charge en orbite de transfert super synchrone SSTO. L'éjection s'est faite à T+32mn19s à une altitude de 626 km et une vitesse de 34 850 km/h au dessus du continent Africain.

Le "core" 1032 était destiné à tester un rétro freinage et un amerrissage avec 3 moteurs Merlin dans l'eau afin de ne pas endommagé la barge. Selon Musk, "il a survécu. Il sera remorqué au port" Le 8 février, Space X confirme que le "core" a été détruit en mer par une compagnie privée de démolition, ne pouvant être remorquée

Falcon Heavy fera une petite manoeuvre de "roll" après son décollage. Le lanceur s'orientera, par rapport à la surface de la Terre, parallèlement avec les trois "core" à plat. Les deux boosters latéraux se sépareront en même temps et réaliseront pratiquement ensemble leur manoeuvre de freinage et de retour au sol.

4 février, le Heavy reçoit sa licence de vol par la FAA, Federal Aviation administration pour son décollage le 6  entre 18h30 et 21h TU. Les prévisions météo donne 80% de chance pour un temps favorable.

5 février, le Heavy est amené sur la pad avec sa charge utile le Roadster d'Elon Musk. La voiture rouge aura un passager, un mannequin revêtu d'un scaphandre de vol Dragon, le premier astronaute de Space X.

1250 kg, 3,9 m de long et 1,7 m de large, la Roadster est prête pour devenir la première voiture de l'espace a orbiter autour du soleil. Sur le panneau en gris, le "X" a été peint avec le nom des 6000 employés de la société. Voyage également avec la Tesla, un "Arch" 5D, une unité de stockage à laser optique capable de survivre dans les conditions extrêmes de l'espace pendant des millions d'années. Construit par la fondation Arch Mission, il contient la séries de livre d' Isaac Assimov. Musk veut ainsi préserver les bibliothèques de la connaissance humaine.
A la place du conducteur, Musk a attaché un mannequin revêtu de la combinaison qu'il lui même développé pour la cabine Dragon 2. Baptisé "Starman", en hommage à la chanson de David Bowie, le mannequin pilotera la voiture jusqu'à Mars en écoutant sur son auto radio la chanson "Space Oddity". 3 caméras seront en place, à coté du mannequin, devant et sur le coté pour filmer la mise en orbite. On notera un œuf de Pâques sur le tableau de bord et une maquette de la tesla avec le mannequin

   

   

 

Elon Musk interviewé par Eric berger, Ars Technica, le 6 février 2018 au pied du pad 39A:

"Une de mes plus grandes préoccupations est l'interaction booster-to-booster", explique Musk. "Vous avez beaucoup de dynamique qui se passe là-bas. Ces fusées sont très flexibles. Si elles fléchissent de manière inattendue, ils pourraient potentiellement se toucher les unes aux autres. "

Avec trois "core" Falcon 9, le bruit acoustique généré par le lancement est trois fois supérieur à celui d'un seul Falcon 9. Les ingénieurs de SpaceX pensent comprendre ces interactions, mais ils ne les ont jamais testés en vol. Une résonance inattendue pourrait provoquer une défaillance structurelle.
Ces systèmes ont tous été testés intensivement au sol, mais finalement, rien ne se compare à un test en vol réel.

"Il y a beaucoup de choses qui pourraient mal tourner, vraiment mal tourner", admet Musk. "J'aime vraiment souligner que les chances de succès ne sont pas très élevées. Je ne veux pas porter la poisse, je suis tenté de le dire, parce que je me sens super optimiste. Mais j'ai l'impression que cet optimisme n'a aucun fondement. J'ai l'impression que nous avons une chance sur 3 de réussir, mais en réalité, nous avons seulement une chance sur 2. "

Pour un lancement typique de Falcon 9, le booster peut supporter une panne de moteur sur 9 moteurs, après le décollage. (Un seul moteur Falcon 9 premier étage a échoué une seule fois en vol). Le premier étage peut même survivre à 2 pannes de moteurs si la charge utile n'est pas trop lourde ou si elle est en orbite de transfert géostationnaire. Avec le Falcon Heavy, la fusée pourrait perdre jusqu'à six moteurs et atteindre en théorie son l'orbite.

"Quelque chose d'assez horrible aurait mal tourné" déclare Musk. "La possibilité que nous perdions six moteurs et qu'il n'y ait pas quelque chose qui tourne vraiment mal est assez faible."

Parce qu'il s'agit d'un vol d'essai, Musk dit que c'était une «softball mission». Cela signifie que SpaceX ne va pas pousser l'enveloppe en termes de pression dynamique pendant le lancement.
Alors que la pression dynamique maximale potentielle pour un vol Falcon Heavy est «assez élevée», Musk déclare que la pression dynamique maximale pour ce lancement serait d'environ 15 ou 20% inférieure à celle d'un Falcon 9 en orbite géostationnaire.

Ce lancement simulera l'injection d'une charge directement en orbite GTO avec 2 allumages du second étage à T+3mn15 jusqu'à 8mn31s et à T+28mn22s pendant 30 secondes, une principale demande de l'USAF. L'étage supérieur du Heavy réalisera ensuite un vol balistique de 6 heures avant d'être rallumé et envoyer la Tesla dans l'espace lointain sur une orbite entre la terre et Mars avec un apogée de 380 à 450 millions de kms qu'elle atteindra d'ici 8 mois. La Tesla ne pourra se satelliser autour de Mars, mais seulement la frôler et revenir au périgée de son orbite et recommencer à tourner indéfiniment.

Eric Berger, arstechnica.com

6 février, alors que tous les regards sont tournés vers le pad 39A, Elon Musk annonce que le Falcon Heavy ne lancera pas de Crew Dragon et ne sera pas qualifié pour le vol habité. La mission de 2 touristes autour de la lune (annoncée il y a un an) est abandonné. Space X porte désormais tous ses efforts sur le lanceur BFR. Le Crew Dragon restera cantonné à desservir l'ISS dans le cadre du programme CCAP.

KSC, LC39A, 16h32, le décompte est remis en heure pour un lancement à 19h TU, soit avec un retard de 30 minutes à cause de vent élevés en altitude, 20% supérieurs à charge maximale autorisée.
17h05, Space X confirme une nouvelle heure pour le lancement, 19h50 TU, le temps que les vents en altitude cessent. Des ballons sont déployés par les équipes de l'US Air Force du 45th Wing.
17h49, le lancement est repoussé à 20h05 TU, puis 20h10. A 18h16, le décompte marque une pause à T-2h 03mn 03s, le T-0 est désormais fixé à 20h15 TU, la fenêtre de tir s'étend jusqu'à 21h TU. 18h45, le décompte reprend avec nouveau T-0 pour 20h45 TU, les vents en altitude seront de nouveau mesurés vers 19h TU avant de commencer le remplissage des réservoirs. Le T-0 ne peut pas dépasser 20h56 car il y a risque de collision avec un autre objet déjà dans l'espace. Selon Space X, le chargement en hélium et azote se poursuit normalement. Aucun problème technique sur le pad.
18h 52, Elon Musk annonce que la séquence automatique est lancé pour un lancement à 20h 45.
19h16, le décompte reprend à T-90 mn. A 19h17, début du remplissage en RP1 des étages "core" suivis du second étage 3 minutes plus tard. Le LOX sur-refroidi et densifié à -206°C suit à T-45 mn, soit à 20h.
20h15, T-30 mn, le décompte se poursuit. Le remplissage en RP1 du second étage se termine.
T-20 mn, 10 mn, 5 mn. T- 1 minute, le décompte est automatique, le lanceur est sur séquence automatique pour permettre l'allumage des moteurs. T-30 s, un dernier "go for launch" est donné par le directeur de vol alors que le remplissage en carburant comburant se termine. Quelques secondes avant l'allumage des 27 moteurs, le système de déluge par eau entre en action.
10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, séquence d'allumage des 27 moteurs. T-0 la poussée est bonne, les 6 TSM se déconnectent de la base du TEL ainsi que ceux du second étage et de la coiffe. Les 8 Hodl Down post qui retiennent le lanceur s'ouvrent et le libère. Falcon Heavy décolle et prend sa trajectoire à 29° d'inclinaison sur l'équateur. Les techniciens de Space X attendent la passage à Max Q, la zone de pression dynamique maximale. Max Q, T+1mn 06s, altitude 11 km, vitesse 1294 km/h, la poussée passe de 2 320 000 kg à 2 500 000 kg.

Sous la poussée de ces 27 moteurs Merlin, le Falcon Heavy quitte le pad 39A où ce sont élancer en 1969 Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Mike Collins pour leur voyage vers la lune. Buzz Aldrin assistait au lancement depuis le ASVC du centre Kennedy.

Après 30 secondes de vol, le Heavy "roule" sur lui même et prend sa trajectoire de vol.

T+2mn 34s, les 2 "core" latéraux se séparent du "core" central, en même temps. L'altitude est de 61 km et la vitesse de 6895 km/h. Filmés par leurs caméras respectives, ils réalisent leur manœuvre de retour et viennent se poser à quelques secondes d'intervalles sur la LZ1 à T+8mn 06s.

Atterrissage des "core" latéraux sur la LZ1, le B1023 arrive en premier sur la LZ1 (cible noire) suivit du 1025 sur la LZ2 (cible blanche).

Le "core" central continue seul la propulsion jusqu'à T+3mn 04s. Après séparation à une altitude de 91 km et une vitesse de 9495 km/h, l'étage entame sa manoeuvre de freinage pour venir se poser en mer sur la barge OCISLY positionnée à 342 km des cotes, à T+8mn 43s. Malheureusement, le signal est perdu, probablement, l'étage a raté la barge et est retombé en mer.

Le second étage continue seul sa route avec la charge utile. La coiffe se détache à T+3mn 49s dévoilant l'image du Roadster et de son conducteur Spaceman sur fond de terre bleu.

Les 2 premières images de Starman au volant de la Roadster de Musk. La voiture est à 128 km et vole à 10 871 km/h. Dans la boite à gants, une copie du "guide de l'auto stoppeur" et une pancarte "ne paniquez pas !"

Le second étage en attente d'être rallumer pour mettre la Tesla vers Mars tourne sur lui même en un peu moins de 6 minutes offrant de magnifiques vues de la terre. La voiture de Musk est catalogué 43205/2018-017A. Elle voyage sur une orbite 180/6951 km, inclinée à 29°. Comme l'indique Musk, on peut dire que c'est vrai parce que ça a l'air tellement faux. Nous aurions bien mieux en images de synthèse si c'était faux. Les couleurs semblent toutes bizarres dans l'espace. Il n'y a pas d'occlusion atmosphérique. Tout a l'air trop net. Nous n'avons pas vraiment testé les matériaux de la voiture. Est-ce que l'espace est dur ou quoi? Ce sont  juste les mêmes sièges qu'une voiture normale. C'est littéralement une voiture normale dans l'espace, et j'aime l'absurdité de cela. "
 

L'image de la Roadtsre s'élançant vers l'orbite martienne n'est pas sans rappeler l'image tirée d'un film Canadien "Métal Hurlant" de Gerald Potterton sortie en 1981. Suite à l'arrivée d'un mystérieux engin tout venu de l'espace, une lueur verte nommée le Loc-Nar répand son pouvoir maléfique sur toute la surface de la Terre. Mais qui aura donc le courage de la stopper ?

Le second étage s'éteint à T+8mn 31s et se rallume à T+28mn 22s pendant 30 secondes pour rejoindre un apogée de 7000 km. Après un vol balistique de 5 heures, traversant les ceintures de Van Allen, le second étage se rallume pour injecter le Roadcaster et son passager vers une orbite à 400 000 km d'apogée. L'orbite décrite par l'étage et la Tesla a une période de 2,4 ans. Ils passeront à 130 millions de km de Mars le 8 juin et traverseront l'orbite de la planète en juillet avant de se trouver au plus loin point du soleil à 300 millions de kms le 19 novembre. Le périgée de cette orbite se atteint le 1er septembre 2019. La tesla repassera par la terre en février 2030.

 

FALCON HEAVY EN CHIFFRES ET FAITS...

Le Falcon Heavy n'est pas la plus puissante des fusées à quitter le pad 39B. La plus grosse fusée est le Saturn 5 avec une poussée au décollage de 3 500 000 kg et une charge de 140 tonnes en LEO. Le Shuttle avec une poussée accrue pouvait lui envoyé un Orbiter de 90 tonnes et 25 tonnes de charges supplémentaires en LEO. La première et pluis grosse fusée fut la N1 soviétique dans les années 70 qui malheureusement n'a jamais pu satelliser la moindre charge en orbite.

Masse au décollage, 1 420 000 kg, hauteur 70 mètres, envergure 12,2 mètres.

Le Falcon Heavy est le lanceur avec le plus de moteurs au premier étage, 27, seulement dépassé par les 31 moteurs de la N1 soviétique.

Le premier Saturn 5 a quitté le pad 39A le 9 novembre 1967. Il compte 106 lancements, dont 12 Saturn 5, 82 Shuttle et 12 Falcon 9.

La capacité de la Heavy est de 26 700 kg en GTO (14 220 kg pour le Delta Heavy) 16 800 vers Mars (3893 kg pour l'Atlas 541) et 3500 kg vers Pluton, 7 fois la masse de la sonde New Horizon lancée par la plus puissante Atlas 5, la 551 avec 5 SRB.

Space X doit lancer 2 autres Heavy cette année, une avec un satellite du DoD en juin (USAF STP-2). L'USAF a qualifier le Heavy pour lancer ses charges secrètes comme le Delta et l'Atlas 5. L'autre lancement sera pour Arabsat 6A.

54e lancement de la famille Falcon depuis 2006.

7e et 8e réutilisation d'un "core"

2 300 000 personnes ont regardé le "streaming" du lancement sur YouTube. C'est le second "stream live" le plus suivit après celui de Félix Baumgartners et son saut depuis un ballon en octobre 2012. Il avait réunit 8 millions de Youtubeur.

100 000 spectateurs estimés étaient présent au KSC pour suivre le lancement du Heavy. Il n'y avait pas eu pareil affluence depuis le dernier vol du Shuttle en juillet 2011.

La vidéo "live view of starman" au volant de sa voiture a été vu plus de 12 millions de fois.

Elon Musk a fait imprimer sur un des circuits imprimés de la voiture "Made on Earth by humans"

 

 

Quelques heures après le lancement, Space X organise un point presse sur le déroulement de ce premier vol. Il signale que les 2 "core" latéraux récupérés ne seront pas réutilisés selon Musk et confirme la perte du "core" central qui a plongé en mer à 100 m de la barge relativement vite (50 km/h) suite au non allumage de 2 des 3 moteurs pour l'atterrissage. Même si l'étage avait réussit son retour, il ne devait pas être réutilisé. L'atterrissage des boosters donne confiance à Elon concernant le BFR et que sa conception fonctionnera. Par 3 fois, le programme a faillit être annulé, "c'était beaucoup plus difficile qu'on ne le pensait, refonte du corps central et des ailettes des aérofreins", nous avons investit près de 500 millions $. D'ici 3 ans, Space devrait lancer 12 Heavy, le prochain vol sera le satellite STP de l'USAF. D'ici là, nous lancerons un Falcon 9 en version Block5. L'atterrissage des "core" latéraux a été légèrement décalés pour éviter les interférences avec les radars. La batterie de la Tesla durera jusqu'à 12 heures après le lancement. Space X pense réaliser les premiers vols du BFR d'ici 3 à 4 ans. Dès 2019, "nous lancerons des petits vols pour notre vaisseau spatial, une partie du BFR. Ces vols se feront de la base de Browsville au Texas. Concernant la récupération des coiffes, Musk annonce que "c'est une opération très difficile que nous devrions résoudre dans les prochains 6 mois."

 

Dernière photo de "Starman" dans la Roadster en route vers l'orbite de Mars et de la ceinture d'astéroïde.
 

Les employés de SpaceX après le succès du heavy

7 février, Space X se prépare à lancer du SLC4 de Vandenberg une Falcon 9 avec le satellite PAZ. Le "hot fire" est prévu le 11 février.
11 février, Vandenberg, SLC4, "hot fire" du Falcon 9 PAZ durant 7 secondes (3,5 secondes lordqu'il s'agit de "core" neuf) . Le lancement est prévu le 17 pour mettre en orbite le satellite PAZ (1350 kg) et 2 satellites Starlink (400 kg) à 514 km d'altitude. Le "core" 1038, qui a déjà volé pour Formosat 5 ne devrait pas être récupéré en mer.

12 février, Space X va construire une 3e barge pour récupérer les "core" de ces Falcon. Elle sera baptisée A Shrotfall of Gravitas et sera basée sur la cote Est en support à l'augmentation des vols F9 et pour récupérer les 2 "core" de la Heavy en mer. Musk pense aussi rallonger la longueur du second étage du Falcon. Il avait déjà été rallongé pour la version Full. Une nouvelle coiffe va bientôt voler, plus grande.
Space X va lancer le satellite TESS du LC39A afin que les techniciens se familiarisent à reconfigurer le pad et le TEL de la version Heavy vers le Falcon 9.
Selon Musk, le Heavy sans récupération des "core" coûte 150 millions $ et une Heavy avec seulement 2 "core" récupèrés 95 millions $avec 10% de performances en moins, soit 55 tonnes en LEO contre 64.
Le prochain Heavy lancera en avril le satellite de l'USAF STP 2 et embarquera une horloge atomique de test qui sera utilisée à bord des futurs vaisseaux pour la navigation, le
Deep Space Atomic Clock (DSAC). Le 3e Heavy emportera le satcom ArabSat 6a, suivront Imarsat et Viasat. Space X prévoit 3 missions vers ISS cette année, CRS 14, 15 et 16 en avril, juin et novembre. Les rotations d'équipage du Dragon 2 débuteront en avril 2019.

13 février, Elon Musk donne quelques précisions supplémentaires sur le premier vol du Heavy. Si les 2 "core" latéraux ont touché les 2 LZ à quelques secondes d'intervalles, le "core" central lui a heurté la mer à 500 km/h ratant la barge d'une centaine de mètre. Musk explique que 2 des 3 moteurs Merlin ne se sont pas rallumés pour la phase finale de freinage, parce qu'il manquaient de liquides d'allumage ! Les moteurs utilisent un mélange pyrophorique (allumage spontané par simple contact avec l'air) de TEA-TEB (Triethylaluminium-Triethylboranecomme) comme produit d'allumage, qui est stocké dans de l'azote. Les moteurs Merlin peuvent être rallumés jusqu'à 4 fois. Le mélange était aussi utilisé pour le Saturn 5 pour le S1C. Le TEB se reconnait à sa couleur verte à l'allumage.

Retour du "core" 1025 dans le HIF après son atterrissage en LZ2.

15 février, le lancement Falcon 9 Hispasat est repoussé au 25 février à 5h35 TU, avec un "hot fire" le 20. Celui des Iridium au 20 mars et TESS au 16 avril, Space X a besoin de temps pour vérifier le matériel et répondre aux exigence de la mission pour la NASA.

TES, Transiting Exoplanet Survey Satellite en intégration au KSC chez AstroTech.  Tess sera chargé de trouver des expoplanètes hors du système solaire

16 février, le lancement du Falcon 9-PAZ est repoussé au 18 à 14h16 TU, afin de "prévoir plus de temps pour les vérifications des systèmes avant le lancement".

 
DATE MISSION PAD CHARGES UTILES

OBSERVATIONS

8 janvier Falcon 9-46 SLC39 ZUMA Etage B1043 récupéré en LZ1
31 janvier Falcon 9-49 SLC40 GovSat 1 (SES 16) Etage B1032-2 pas récupéré
6 février Falcon H Mission 1 LC39A   Première Heavy
18 février Falcon 9-50 SLC4 PAZ B1038-2
25 février Falcon 9-48 SLC40 HispaSat 30W -6 Etage "core" neuf 1044
20 mars   SLC4 Iridium 5 B1041-2
16 avril   LC39A TESS Utilisera un "core" BK4 1045
Mars   SLC40 CRS 14 Etage éprouvé 1039-2
Avril   SLC40 SES12 Etage éprouvé 1040-2
Mars   SLC40 Bangabandhu 1 Premier vol BK5, le 1046
Avril   SLC4 Iridium 6/ NASA Etage éprouvé 1043-2
30 avril Falcon H mission 2 LC39A STP 2 "core" latéraux éprouvés 1046-47